23 ans après l'Apocalypse, la Noblesse est réinstaurée, les Scientistes imposent lentement leur suprématie. Tout ça n'est qu'une façade, venez découvrir la face cachée d'Andori, l'Europe ravagée par l'Apocalypse...
 
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 Perdue en pleine ville... {pv Jaren}

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Elysis LaHarwall


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MessageSujet: Perdue en pleine ville... {pv Jaren}   Dim 25 Mar - 19:31

On pouvait trouver toute sorte de repères. Visuel, auditif, tactile, ou encore mémoriel. Un arbre à la forme particulière. Le grondement de l’activité d’un artisan. Une route à la chaussée déformée. Une suite de direction à prendre à travers des ruelles. Des couleurs. Des sons. Des sensations. Tout se jouer grâce à la capacité de se souvenir, de retenir, de retranscrire. Mais il fallait aussi y mettre une certaine dose de volonté. Si l’esprit est déjà occupé, si l’attention n’est pas suffisamment donnée, il n’y avait que peu de chance d’obtenir de bons résultats.
C’était l’un des soucis que pouvait avoir la fille de LaHarwall, un noble vivant au château de Rosea avec sa femme et leur fille. Sa famille n’avait pas toujours été des nobles. Mais ils en faisaient à présent partie et voulaient tirer partie de cette condition. Il était plus profitable d’être noble que gens du peuple. Elysis n’avait pourtant pas le profil d’une noble. Elle avait la fortune mais pas leur caractéristique. Elle en avait les tenues mais aucune manière appropriée pour les porter. Grandissant dans ce milieu, elle ne s’y était jamais adaptée. Aucune amie proche, quelques camarades. Elle n’était bien qu’en dehors de cette cage dorée.

Et que faisait-elle ce jour là ? Elle avait quitté le château pour se rendre en ville. Cela semblait évident. Mais quand on grandissait dans un tel cocon, entre quatre murs, même si le lieu offrait de nombreuses opportunités pour se promener, elle était complètement perdue quand elle se rendait en ville. Perdue, mais agréablement bien. Elle avait 20ans et pourtant s’était avec des yeux d’enfant qu’elle prenait le temps de découvrir tout ce qui pouvait s’offrir à elle. Elle ne comprenait pas pourquoi, mais ses parents la protégeait, l’isolait parfois, lui donnait beaucoup d’interdit. Trop d’interdit. Et ils étaient tous en lien avec l’extérieur. Mais de quoi pouvaient-ils avoir peur ?

Ses sandales en cuir bruns claquant sur le pavé, elle venait de s’engager dans des ruelles alors qu’elle regardait les vitrines illuminées qui s’offraient à elle. Une ruelle puis une autre et encore une autre et toujours une autre. Puis se fut une façade qui la fascina, la forme d’une porte, et un chat. Elle adorait les animaux et celui là était particulièrement doué pour amadouer, et surtout l’amadouer. Elle tenta de l’appeler et quand elle voulut l’approcher, il s’éloigna d’un mètre. Elle recommença et il refit la même chose. Et quand, comme agacé de manège, il grimpa à une fenêtre et disparut à l’intérieur d’une bâtisse, la jeune Elysis se rendit compte qu’elle ne connaissait pas le lieu où elle se trouvait. Pire, les bâtiments étaient si rapprochaient les uns des autres qu’ils assombrissaient les lieux. Un silence pesant se faisait ressentir. Comme il était loin le grondement de la ville !
Elle eut un frisson. La peur l’envahissait. S’enroulant dans sa tunique légère, elle se retourna, imaginant qu’elle venait d’arriver de derrière elle, et avança jusqu’à l’intersection. Venait-elle d’en face, d’à droite qui était la gauche ou de la gauche qui était la droite. Elle ne le savait plus. Elle était perdue. Elle se demandait ce qu’elle deviendrait si elle ne parvenait pas à rentrer. Elle ne s’était encore jamais perdue. Il fallait dire qu’elle n’avait jamais pris le risque de s’éloigner du centre ville. Elle ne savait pourquoi ce jour là elle s’était aventurée insouciamment aussi loin. Surtout avec toutes les rumeurs qu’elle avait entendu au château, elle se demandait sur qui elle risquait tomber.

Elle finit par se décider à tourner à l’angle de la rue qui lui paraissait la moins sombre, l’obscurité qui semblait être la première chose qui l’angoissait. Mais dès qu’elle s’engagea dans cette rue elle percuta de plein fouet un gros balourd, puant et qui l’attrapa sans ménagement pour la soulever de terre et l’avoir à sa hauteur pour lui parler. Son haleine empestait le whisky et le cigare. Elle avait envie de vomir. Mais ce dont elle avait le plus envie s’était de fuir. Elle déglutit doucement sa salive alors qu’il ouvrait la bouche pour lui adresser la parole. Ce dont elle se serait bien passée aussi.


« Alors elle va où la ‘tite dame ? » dit-il dans un rire gras.

Nulpart, avait-elle envie d’hurler dans l’espoir qu’un grand balaise vienne la secourir. Mais rien ne sortit de sa bouche quand elle l’ouvrit à son tour. Elle ne faisait pas le poids face à lui, ni physiquement, ni verbalement. En plus elle commençait à avoir mal à ses bras à force qu’il la tenait aussi fermement. Sa peau halée allait avoir deux gros bleus et quand on lui demandera ce qui avait pu lui arriver, elle serait incapable d’expliquer quoi que ce soit de cohérent. Et puis on ne la croirait pas. Ou pire, on la sermonnerait.
Elle ignorait ce que ce genre de gars pouvait faire aux filles comme elle. Mais ses rues étaient si déserte qu’elle aurait besoin d’un miracle pour voir quelqu’un venir l’aider. Il ne lui restait plus qu’à prier la déesse qui elle, avait toujours été là pour elle. En priant le plus fort qu’elle le pouvait, on allait forcement l’aider. Forcement…
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Jaren Thomas


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MessageSujet: Re: Perdue en pleine ville... {pv Jaren}   Lun 26 Mar - 22:16

Hopéra. Une des plus grandes villes que ce monde n'ait jamais compté. Jaren Thomas, pirate de peu de renom (mais tout vient à qui sait attendre...) pouvait en témoigner. Elle venait du île perdue dans la grande bleue, au corps formé de démons, et que l'on désignait sous le nom d'Arrogance. Là-bas, tout y était pour le mieux. Tout ce qu'on y faisait sortait du domaine du naturel, pour rentrer dans celui du surnaturel. On faisait les meilleurs vêtements, les meilleurs alcools, les meilleures constructions, les meilleurs combattants, on allait jusqu'à dire qu'on avait les meilleurs animaux. Elle ne pouvait se cacher qu'elle-même avait une estime assez importante de sa personne, mais cela n'allait pas jusqu'à trouver une différence entre deux chats, deux chiens, ou deux pie-verts... (Woody woodpecker mis à part bien sûr). Et si elle se forçait à faire preuve d'objectivité, il était évident que les beaux quartiers de cette ville, non seulement égalaient, mais dépassaient et de loin ceux de son île. Mais il y avait toujours cet enjolissement personnel dû au sentiment de propriété. Tout ce qui est à soit est beau pour les orgueilleux. Au contraire, pour les avares, l'herbes est toujours plus vertes chez le voisin. Chacun ses envies après tout. Le monde allait ainsi apparemment. Son oncle... enfin son père, Marc, son vrai père, lui avait raconté qu'autre fois, avant l'apocalypse, le monde était assez grand pour subvenir aux besoins de tous, mais pas à l'avidité de quelques uns. Elle ne trouvait pas que les choses avaient particulièrement changé depuis.

Elle était venue ici en espérant y trouver un quelconque travail et un pigeon à qui refourguer les dernières camelottes qui lui restaient. Elle avait abandonné l'équipage qui l'avait aidée à quitter Arrogance et espérer trouver ici de quoi se payer son propre bateau, quitte à commencer par un vieux rafiot. Elle n'en pouvait plus d'être commandée, de récurer les cales ou d'effectuer je ne sais quelle corvée ingrate sous prétexte qu'elle n'avait pas encore fait ses preuves. Encore fallait-il qu'on lui donne la chance de les faire. Mais ce n'était à première vue pas au programme.

Enfin bref. Les choses étaient ce qu'elles étaient. Elle ne pouvait que faire avec à présent.

Elle tourna à droite au coin de la rue. Elle avait quitté depuis deux bonnes douzaines de minutes déjà les rues pietonnes envahies de toute part par des jeunes filles en chaleur qui cherchaient la plus belle robe à mettre pour leur prochaine sortie. Elles étaient mignonnes certes, mais n'avaient au final rien de plus pour elles. Toutes des gosses de riche qui ne cherchaient pas plus loin que le bout de leur nez, lui-même juste assez long pour atteindre le fond de leur porte-feuille. Mais là n'était pas le sujet. Elle savait que dans ces coins-ci, trainait un homme petit, taigneux et puant qui rachetait tout pour ... presque rien. Soit. Mais ce qu'elle avait à vendre n'avait pas énormément de valeur non plus, il fallait l'avouer. Elle ne savait plus trop bien son nom. Un surnom idiot, stéréotype du malfrat de bas étages... le balafré ou dans ce genre... Sa main se ressera sous sa veste au niveau de sa hanche. Elle aurait sûrement les moyens de le convaincre d'augmenter un peu la mise.

Elle ne savait pas véritablement si elle devait aller à droite ou à gauche et se contenter d'aller au bon gré du hasard d'une ruelle à une autre. Cette fois encore elle tourna à droite. Devant elle, à une centaine de mètres, elle pouvait facilement percevoir la silouhette d'un homme grand et fort, trop grand et trop fort justement. Les bras levés devant lui, il semblait tenir quelque chose, fermement. Elle continua d'avancer ne se souciant guère de ce grossier personnage, s'il ne lui cherchait pas de noises elle ne lui ne chercherait pas non plus.

« Alors elle va où la ‘tite dame ? »

Jaren soupira discrètement. Il ne faisait aucun doute, vu qu'elle n'était même pas dans son champ de vision, que cet homme ne s'adressait pas à elle. Elle n'était pas là pour jouer les héros et perdre son temps au secours de jolie demoiselle en détresse. C'était le travail des chevaliers blancs ça. Le travail d'homme vaillant et courageux.
Elle n'était pas un homme. Mais il n'y avait plus de chevalier non plus.
À nouvelle époque, nouvelles coutumes.

Elle n'était plus qu'à quelques mètres des deux zouaves, avançant délicatement en faisant attention à ne pas faire de bruits. Sa main se glissa sous sa veste d'où elle tira son precieux pistolet. L'arme usée par les années n'en restait pas pour le moins imposante.
Elle s'arrêtera juste à la droite de l'homme et de sa main gauche braqua l'arme vers son visage. On entendit un léger déclic permettant à tout le monde de comprendre que l'arme était chargée.


« Une chose est sûre, c'est qu'elle ne va pas avec toi. Lâche la madame Brutus.»
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Elysis LaHarwall


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MessageSujet: Re: Perdue en pleine ville... {pv Jaren}   Mar 27 Mar - 18:23

Frisson alors qu’on avait chaud. Chaleur alors que nos membres étaient glacés. L’esprit ne parvenait pas à être résonné. Imaginer toutes les choses les plus affreuses, les plus terribles, les plus catastrophiques. Trembler sans parvenir à s’arrêter. Une envie de pleurer, de rire nerveusement, d’hurler. Mais rien ne se passer. Etre paralysée, mais avoir le corps incroyablement mou. Se sentir liquéfier alors que tout en soit se raidissait. Réfléchir trop, ne pas assez réfléchir. Tout se mélangeait, tout s’embrouillait, tout se figeait.
C’était la peur qui avait envahis tout son être.

La petite commençait à ne plus sentir ses bras tellement le gros balourd les serrait fort. Elle en avait même des fourmis dans ses doigts longs et fins. Ce n’était pas ce soir qu’elle allait performer lors de son entrainement d’escrime. Elle maniait très bien l’épée, surtout sa rapière. Elle paraissait fragile et frêle, mais en duel, elle était différente. Comme si son énergie se révélait à ce moment là. Mais là elle n’avait pas sa rapière, elle le regrettait. Et elle se demandait si elle la reverrait un jour. Elle était peut-être en effet un peu trop pessimiste. Mais elle n’était pas une aventurière. Elle ne sortait que peu souvent. Elle ne savait rien de la loi de la rue. Et elle avait peur.

Les yeux clos, la respiration haletante, la bouche sèche, les joues rougies par ses bouffées de chaleur, enfin, si on pouvait dire qu’elle était rouge avec sa peau halée, Elysis ne parvint pas à répondre à la question de l’homme à l’haleine puante qui la maintenait toujours au dessus du sol. En fait, elle ne pouvait pas dire si elle avait réellement entendu sa question. Elle était plutôt concentrée sur elle, et pas sur lui. Elle voulait se réveiller de ce mauvais rêve dont elle avait peur de l’issu.
Puis soudain, comme une libération, alors que le silence avait repris place au milieu de la respiration roque de l’homme fier de sa prise, et la respiration saccadée de sa proie, un léger clic retentit. Elle ne savait pas de quoi il pouvait s’agir mais cela lui avait fait ouvrir ses grands yeux noirs. Et là, elle vit le pistolet sur la tempe du gros balaise. Elle ne connaissait rien en arme à feu, mais l’engin lui parut imposant. Libération ou juste un répit ? Elle ne voulait pas y penser. Pour l’instant, elle croyait à sa bonne étoile. Et surtout à ses prières qui s’exauçait. La Déesse veillait vraiment sur elle.

Alors qu’elle tournait son regard vers la propriétaire du pistolet, la propriétaire car d’après sa voix, il était simple de conclure qu’il s’agissait d’une femme, le gros balourd choisit de la lâcher. Et quand on dit lâcher, s’était lâchée et résultat elle retomba lourdement sur ses fesses. Elle n’avait rien de casser mais la chute était brutale. Presque aussi brutale que la manière qu’il avait eu de la tenir. Ce n’était vraiment pas sa journée. On ne la croirait jamais quand elle racontera tout ce qui avait pu lui arriver. Et elle n’était pas au bout de ses surprises.
Alors qu’elle se remettait de ses émotions, elle n’entendit qu’à moitié l’échange qu’il commençait à y avoir entre le balourd et son sauveur. Quand elle releva les yeux, le balourd prenait ses jambes à son coup en maugréant quelque chose du genre où il se vengerait et qu’une nana n’aurait pas le mot de la fin avec lui. Dans tous les cas, la nana, comme il disait, lui avait montré qu’elle était plus forte que lui et qu’elle n’avait pas besoin de muscles pour cela.

Se relevant, Elysis dépoussiéra ses vêtements avant d’avancer gauchement vers la jeune femme qu’elle détailla enfin. Largement plus grande quelle, car la petite avait le défaut des indiens, leur petite taille et leur corps chétif, elle n’était pas si dépourvue de muscle qu’on aurait pu le penser. Malgré les traits fins de son visage et sa voix qui n’avait rien à voir avec le coté fort et roque d’un homme, la jeune LaHarwall se demanda malgré tout si elle avait vraiment affaire à une femme. Ça pouvait tout aussi bien être un jeune homme, un peu plus jeune qu’elle. Le doute était incontournable.
Souriant nerveusement en arrivant face à elle, elle ignorait si elle devait lui tendre la main. Mais elle choisit finalement de ne rien faire. Elle ne savait pas vraiment à qui elle avait affaire. Un sauveur ou une autre personne qui voulait la brutaliser à son tour ?

Alors elle se contenta d’hausser un sourire timide mais amical, simple mais agréable, et sans poser directement son regard dans le sien, afin de ne pas signifier un quelconque défi qu’elle n’avait pas, elle ouvrit enfin la bouche pour prononcer un seul mot :


« Merci… »
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Jaren Thomas


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MessageSujet: Re: Perdue en pleine ville... {pv Jaren}   Mer 28 Mar - 22:50

Elle avait dit lâcher, donc il la lâcha, comme on jette un sac de patates dans un camion. Jaren grogna. Elle ne se demanda même pas s'il se foutait de sa gueule ou pas, la réponse lui était évidente. Elle rapprocha son arme de la tempe de sa cible.

« Donc non seulement t'es moche mais en plus t'es stupide... »

Elle ne lui laissa pas l'opportunité de répondre, un individu de ce genre ne devait pas être pourvu d'énormément de répartie, encore moins dans une situation aussi délicate où sa vie était en jeu. Il ouvrit grand la bouche, béat, ce qui laissa à tout le monde ici présent la chance de pouvoir entrevoir sa dentition totalement pourrie.

« J'trouve où l'Balafré ? »
« À droite dans deux rues. »
« Maintenant tire toi. »


Elle écarta légèrement l'arme, et il n'attendit pas moins d'une seconde pour prendre ses jambes à son cou en maugréant toutes les injures possibles et imaginables contre Jaren et la gamine. Elle le suivit des yeux jusqu'à ce qu'il tourne au coin de la rue. Son attention se reporta par la suite sur la demoiselle. Elle était de type indienne, petite, les traits fins et son regard n'était pas sans traduire une certaine niaiserie enfantine. Elle ne devait pas être bien âgée, peut-être quatorze ou quinze ans.

Elle chercha durant quelques temps qu'est-ce qu'elle pouvait bien lui dire. Elle avait été gratifiée d'un simple merci. Elle ne s'attendait ni à mieux, ni à plus, certainement à moins.
Un aura d'innocence se dégageait véritablement de sa personne, quelque chose de l'enfance que l'on perd en atteignant l'âge adulte, lorsque votre âme ne se fond plus dans les mensonges au point de les croire réels, mais qu'au contraire, elle a conscience du mal et se satisfait de voir les autres s'y soumettre continuellement. Avait-elle vraiment compris dans quel pétrin elle s'était mise et ce qui se serait passé si Jaren n'était pas intervenue ? Ou bien s'était elle simplement laissé envahir par la peur et avait accepté son sort comme il lui viendrait ?

Au fond, ça changeait quoi ?


« De rien. »


Elle lui lança un dernier regard et passa à côté d'elle, sans l'aider à se relever. La poussière se levait sous ses pas et s’accrochait à ses chaussures. On entendait plus un bruit dans la rue autour d'elle, comme si tout était mort depuis quelques minutes.
Jaren coinça son arme sous sa ceinture. Elle passa à côté d'un tas d'ordure où son oreille crut percevoir des sons anormaux. Un rat, une bestiole ou un humain quelconque. Peut être un mélange des deux. Elle avait déjà entendu parlé d'êtres étranges, appelés hybrides, qui étaient une sorte de mélange, a priori, entre humain et animal... Elle n'avait pas cherché à mieux comprendre, la perspective d'un melting-pot inter-espèce lui inspirait plus de dégoût qu'autre chose...

Elle était déjà à une quinzaine de mètres de la jeune femme.


« Grouille toi, il va revenir sinon. Et j'ai autre chose à foutre que de t'attendre. »
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Elysis LaHarwall


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MessageSujet: Re: Perdue en pleine ville... {pv Jaren}   Jeu 29 Mar - 17:55

La… le… enfin, la personne qui l’avait aidé à se sortir de ce mauvais pas l’avait dévisagé un moment. Elle se demandait à quoi elle avait bien pu penser durant ce moment où le silence s’était installé dans la ruelle. La jeune Noble avait peur qu’elle ne la malmène à son tour mais rien de telle n’arriva. Au contraire, rien ne lui arriva et elle avait une aura agréable qui se dégageait d’elle malgré les allures froides et distantes qu’elle démontrait. Tout le contraire de la petite qui était agréable et parfois un peu peau de colle. Mais cela ne paraissait pas désagréable venant d’elle.
Alors qu’elle lui lançait un dernier regard, sans pour autant l’aider à se relever, Elysis s’était levé et avait dépoussiéré ses vêtements pour redevenir présentable. On est Noble ou on ne l’est pas ! Elle pensa qu’elle allait la laisser là, et qu’elle allait devoir se débrouiller seule pour retrouver son chemin. Ce qui lui semblait plus compliqué qu’il n’en paraissait. Elle la regardait s’éloigner quand, soudainement, alors qu’elle était déjà à une quinzaine de mètre d’elle, elle vint à lui adresser la parole la conviant à la rejoindre. Le ton n’était pas vraiment plaisant, mais elle ne s’attendait pas non plus qu’on soit mielleux avec elle. En tout cas, le ton était bien plus agréable que celui des pimbêches qu’elle avait l’habitude de croiser au château où elle habitait avec ses parents.


« Non mais t’imagine le genre de gars qu’on peut rencontrer dans ces rues ? Tu as déjà rencontré des gars pareil ? C’est la première fois moi. Tu as un sacré pistolet ! Je devrais sortir avec une arme moi aussi. Mais je ne sais pas du tout tirer au pistolet mais je suis brillante avec les épées. Ma belle Rapière avec moi et je ne crains plus personne ! »

Elysis l’avait rejoint dans un petit trot. Tout faisait enfantin mais elle avait si peu l’habitude de parler avec une personne de son âge, car elle devait forcement avoir son âge. Quoi que, on n’arrivait pas vraiment à lui donner d’âge, comme pour elle-même il fallait dire. Arrivée à sa hauteur, elle continua à lui parler, sans manquer une fois d’air. Elle en avait tellement à raconter que tout semblait se mélanger alors que tout restait pourtant cohérent. Mais on lui accordait souvent si peu d’importance qu’elle voulait ne pas perdre cette si belle occasion.

« Mais dis moi, je peux te dire TU pas vrai ? Non mais je demande mais je prends ça comme une évidence, tu m’as quand même sauvé la vie. Il parait que le vouvoiement est une marque de respect. C’est mon précepteur. Ce n’est pas que je ne te respecte pas mais je trouve ça mieux de te dire TU. Et puis tu m’as sauvé, ce n’est pas rien. Je te suis redevable. J’ai une dette envers toi. Je ferais ce que tu voudras. Oui bon enfin presque. Je ne suis pas stupide non plus pour faire tout et n’importe quoi. J’ai une bonne éducation quand même. »

Et elle ne mentait pas. Elle pourrait lui demander n’importe quoi, elle pourrait satisfaire ses volontés si cela restait raisonnable. Tant qu’elle ne lui demandait pas de tuer ou de donner de sa personne, elle pourrait en effet l’aider autant qu’elle le pourrait. Si elle avait besoin d’aide bien sur. Mais elle n’accepterait pas qu’une inconnue, même si elle lui avait sauvé la vie, la suive si il n’y avait pas de raison valable. Elle voulait peut-être l’aider encore un peu en lui montrant son chemin. Mais elle ne lui avait pas dis où elle voulait aller ni d’où elle venait. Elle eut un frisson. On lui avait parlé de ses gens qui avaient des pouvoirs grâce à la Déesse. Peut-être en faisait-elle partie !

« Tu fais quoi dans ses rues toi ? Moi je me suis stupidement perdue. Tu me croiras jamais ! Mais je regardais les commerçants dans la rue principale. Ils ont de si beaux tissus ! ça me donnait des idées de tenues. Je n’aime pas vraiment leurs grosses robes au château. Je passe un peu pour une bête bizarre, mais je préfère les jolies tenues du pays de ma mère. Ce pays n’existe pas mais ce n’est pas une raison pour ne l’oublier. Tu n’es pas d’Andori pas vrai ? Je ne me trompe jamais pour ça. Ne me demande pas comment je sais, mais ça se sent. »

Elysis était née en Inde mais elle avait que quelques mois quand elle avait du quitter la terre de ses ancêtres pour rejoindre Andori avant que la bêtise des hommes ne détruisent tout. Elle aimait Andori, elle aimait Hopera, elle aimait ses parents, mais ça ne la dérangeait pas de voyager. Elle se demandait justement pourquoi personne ne cherchait à voyager, à voir ce qui se passait ailleurs. Il devait y avoir de belles choses, des choses qu’on aimerait voir et transmettre aux autres. L’idée lui plaisait. Mais avec son sens de l’orientation, elle devrait ne pas voyager seule. Car si elle se perdait en moins de cinq minutes à travers les ruelles du centre ville, elle se demandait ce qu’il lui arriverait si elle allait ailleurs.

« Tiens ! C’est là qu’il est rentré le petit chat que j’ai suivi à travers ses ruelles sombres et à cause de qui je me suis perdue. Ce n’est pas de sa faute. J’adore les chats, mais ils aiment la liberté et aucun ne reste au château. Alors je voulais le prendre si il n’était à personne. Mais comme il est entré ici, ça doit être la maison de ses propriétaires. Mais je ne vais pas courir après tous les chatons que je vais croiser ici. Je me suis faite avoir une fois, je ne vais pas recommencer. Mes bleus me le rappellent bien ! »

Justement, elle posa une main sur ses bras. La douleur était toujours aussi vive. Sa peau n’allait pas virer au bleu, comme toute personne normale, mais la douleur restait la même. Elle aimait sa peau, sa couleur, cela représentait son identité et elle en était fière. On la jalousait parfois pour ça. Elle, elle s’en moquait de tout ce qu’on pouvait penser d’elle. Elle était elle. Et si on ne l’aimait pas, on pouvait passer son chemin, elle n’allait pas s’arrêter à ça. Elle avait autre chose à penser.

« Au fait, tu es un homme ou une femme ? Pas que ça me dérange si tu es l’un ou l’autre, mais je ne veux pas te vexer si jamais je me trompe. Moi je suis une femme, mais ça, tu as du le voir ! »

Elle suivait toujours la personne qui l’avait sauvé sans vraiment regarder où elles allaient. Elle avait tellement à dire que les mots se bousculaient dans sa tête. Elle aimait bien sa compagnie. Mais elle se demandait si il en serait le cas pour elle aussi…
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Jaren Thomas


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MessageSujet: Re: Perdue en pleine ville... {pv Jaren}   Jeu 29 Mar - 19:40

Mais nom de Dieu ce qu'elle parlait... Même si Jaren n'écoutait pas ses propos, elle ne pouvait occulter l'épais brouhaha aigu que provoquait sa petite voix fluette. Elle avait délogé le silence contre le gré de la majorité, contre le désir de deux personnes : Jaren, et son flingue. Heureusement pour cette gamine, elle était bien trop occupé pour lui apprendre quelques règles primaires de la survie en zone hostile. Elle lui jeta un regard en biais. Quelle magnifique proie. Jeune et pourvue d'une innocence à la limite de la médiocrité mentale. C'était le même problème qu'avec tous les enfants de riche, ils apprenaient la vie dans les livres. Mais ce n'était pas le taux d'urbanisation de l'ancien Mexique post-apocalyptique qui leur permettait de savoir réagir face à ce genre de situation. Ni une rapière qui vous permettait de faire face à un ennemi qui était plus grand et plus fort que vous dans des proportions démesurées. C'était pour cela que Jaren aimait les armes, elles n'en avait que fi des proportions. Elles demandaient de la concentration, de la précision, une tenue parfaite, et alors très rarement la balle ratait sa cible. L'esquive était beaucoup plus simple face à un morceau de fer, et je vous épargne les joies de la contre-attaque.

Grande question du vouvoiement. Cette gamine passait décidément du coq à l'âne, comme si le fil de ses pensées avait été coupé à maintes reprises et qu'il se reconstituait de manière impromptue et précipitée. Le résultat était une suite incompréhensible d'idées, qui déferlaient sans que l'émettrice ne prennent la peine de respirer. Leçon numéro 2, lui apprendre à respirer.

Jaren aurait eu l'esprit au jeu, elle lui aurait sûrement répondu quelque chose du genre : « Ne t'inquiète pas, tu peux me vouvoyer ».

Elle n'avait sûrement jamais entendu une histoire plus ridicule que celle-ci : se perdre en suivant un chat. Tout à fait le genre d’anecdote que l'on trouve dans les livres pour enfant, ou dans la liste des fais accomplis par les enfants de moins de 7 ans. Car dès l'âge de raison on comprenait qu'il était nécessaire de ne pas suivre impunément le premier individu ou animal qui passait par ici. Sa « bonne éducation » avait dû sauter quelques étapes, fondamentales.

Elle arriva enfin à l'intersection et faisant aveuglement confiance à son indic' occasionnel elle tourna à droite. Le décor ne changea pas réellement si ce n'est que la rue menait sur un cul-de-sac. Au bout de celui-ci se dressait une vieille bicoque dont l'état de dégradation globale soulevait forcément la question de par quel miracle divin elle pouvait encore tenir debout. Sur leur droite une suite de poubelles nauséabondes saupoudrées de quelques détritus en tout genre, un vrai repas gastronomique. Un miaulement se fit entendre, un bruit de boîte de conserve entrechoquées et une bestiole à poile qui passe à toute allure devant les deux jeunes femmes.

Ça devait être le chat de la gamine. Un chat des rues, sauvage, pas bon à garder avec soit autant pour lui que pour soit.


« J'ai bien vu que tu étais une femme, et noble en plus... un titre juste pour s'être donné la peine de naître... et encore.
Je suis Jaren et je suis ce qui m'arrange en fonction de la situation. Si tu veux rembourser ta dette, ferme la durant les 15 prochaines minutes. J'ai un truc important à faire, après je te ramène dans ton monde. »


Considérant que l'accord avait été accepté tacitement par les deux parties, elle parcourut les quelques dizaines de mètres qui la séparait du bout de la rue, puis vérifia que son arme était toujours bien accrochée à sa ceinture avant de toquer. Enfin toquer... plus exactement, foutre deux grands coups de pied dans la porte.

Elle s'entrouvrit dans un grincement digne d'une maison hantée.


« C'est pourquoi ? »
« Ouvre l'Balafré, j'ai un truc à te vendre. »

Un homme de petite taille, la silhouette sèche, le regard vil et l’œil droit abîmé d'une imposante cicatrice s'étendant jusqu'à sa joue, se dévoila dans l'ombre de la maison. Elle entra, veillant à ce que la gamine la suive bien.
L'intérieur de la maison était en aussi bon état que l'extérieur, mais ne nous attardons pas dans des descriptions lourdes et pompeuses sur la couleur du papier. Je laisse à vos esprits la joie de se faire le tableau de ce qui pourrait être, un jour, qui sait, votre propre maison.
Jaren passa à peine la porte et décida qu'elle n'avait pas besoin d'aller plus loin pour faire affaire. Elle en avait assez vu.

Le regard de l'homme plongea directement sur la gamine qui se tenait non loin de Jaren.


« Effectivement... c'est un objet plutôt intéressant à acheter... une esclave ? Combien ? »

Jaren les yeux au ciel. On était vraiment tombé bien bas. Il ne s'était passé que quelques secondes depuis que ses yeux avaient quitté l'affreux individu, mais lorsqu'ils se posèrent à nouveau sur lui il fouinait déjà prêt de la jeune fille, humectant l'air autour d'elle, l'empestant de son odeur de suie.

L'héroïne d'un jour l'attrapa par le colle et l'envoya valser un petit mètre plus loin.


« Pas ça, idiot. Et souille pas les gens en les approchant de trop prêt. »

Elle fourra sa main dans une de ses poches, et en ressortie un petit sac plein de bijoux. Elle les avait volé à un des membres d'équipage du bateau, allez savoir où lui-même les avait trouvé...

« T'm'en donnes combien ? »

Il s'approcha craintivement, examina d'un œil expert les entités et siffla :
« 50. »
Rapidement, Jaren sortit son arme et la pointa sur lui :
« Te fous pas de moi. »
« D'accord ! D'accord ! 100 ! »
« Tu vois quand tu veux... »


Il sortit quelques billets de ses poches et les tendit à Jaren. Celle-ci remit les bijoux dans le sac et lui lança de sa main libre, gardant son arme pointée sur lui pour être sûre que l'argent lui revienne. Quand ce fut le cas, elle le recompta, le fourra dans sa poche, ne rangea pas son pistolet mais l'abaissa, se retourna, attrapa la gamine par le bras pour s'assurer que celle-ci la suive, et sortit. On n'était pas sans ressentir un certains professionnalisme dans tout ça. Un héritage familiale en quelque sorte.

« Ce fut un plaisir de faire affaire... » lui lança-t-elle cyniquement alors que la porte se refermait derrière elles.

Elle lâcha le bras de la jeune fille et accéléra le pas. Il semblait que pour elle, rien de tout cela ne s'était passé, comme si, son objectif accompli, sans conclure, elle tournait déjà la page de son livre pour en commencer une autre. Enfin presque, il lui restait une chose à faire en réalité. Acte qu'elle aurait pu effectuer avant celui-ci, mais cela lui aurait coûté un détour et de précieuses minutes.


« Aller, dépêche toi, je te ramène chez toi. »
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Elysis LaHarwall


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MessageSujet: Re: Perdue en pleine ville... {pv Jaren}   Ven 30 Mar - 19:22

Elysis parlait, parlait, parlait... Elle parlait si peu au château, sauf à ses précepteurs, qu’on avait l’impression qu’elle lâchait tout le flux de paroles qu’elle n’avait pu lacher avant. Ce qui en faisait donc beaucoup qui en sortait. Mais il y avait un souci, pour elle cela n’en était pas vraiment un vu qu’elle ne s’en était pas réellement rendue compte. Mais elle faisait un monologue car elle ne lui répondait pas. Ni un "oui oui" pour savoir qu’elle suivait. Rien. Elle ne lui adressait même pas un regard. Il fallait dire qu’elle parlait tout en marchant et ne cherchait pas non plus à capter son regard au risque de se casser la figure avec les pavés difformes de ses ruelles. Elle n’était pas une miss catastrophe mais on ne savait jamais.
Alors qu’elle voulait s’approcher à nouveau du petit chat qu’elle venait de revoir et qu’elle avait suivi jusque là au point de se perdre dans ses ruelles un peu plus tôt et se retrouver dans de mauvais draps, celui-ci prit ses jambes à son cou et filer entre leurs jambes pour fuir à l’autre bout de la rue, vu que celle où elle se trouvait était un cul de sac, et il disparut au coin de la rue. Elle était déçue. A croire, que les animaux ne les aimaient pas. Ou les chats en tout cas. Ce n’était donc pas demain qu’elle allait avoir un chat. Ni un autre animal.


« Jaren ? C’est joli ! Je ne connais pas d’autre Jaren. Moi c’est Elysis. C’est fou tu parles comme… »

Mais elle venait, oui car pour elle, elle allait rester sur sa première idée. C’était une femme, mais une femme un peu particulière dira-t-il, alors elle allait rester sur le "elle".
Donc, disait-il, elle venait de lui dire, textuellement de lui dire de se la fermer. C’était la première fois qu’on lui parlait ainsi. Elle ne savait pas si elle devait en être choquée, si elle devait bien le prendre, ou au contraire si elle devait faire comme si s’était des paroles classiques. Elle opta pour la dernière idée car elle n’avait aucune raison de se fâcher puisqu’elle comptait la ramener chez elle sans rien lui demander en retour.


** ok ok… je me la ferme… Mais elle aurait pu le dire sur un autre ton quand même >< Je suis une femme, bientôt une dame. Mais pourquoi elle ne m’a pas dit si elle était une femme ou un homme. L’un ou l’autre ce n’est pas une honte. **

Elle se contenta d’hausser les épaules et de la suivre d’un air bougon sans plus rien dire même si ça la démangeait de commenter un peu tout, un peu rien. Surtout qu’il y en avait à commenter ! Un peu en retrait malgré tout, car elle n’avait pas vraiment à voir avec ces affaires. Elle retint un rire au sujet du "Balafrée", l’appellation lui plaisait bien, mais cela eut pour conséquence de se faire remarquer par le gars en question. Elle crut s’étouffer quand il la traita de :

** Non mais moi esclave ? ça va pas non ! Je vaux mieux qu’une esclave ! Et puis je n’aime pas le terme esclave. Domestique, que l’on paie et qui sont libres oui, mais pas des esclaves ! ça n’aurait jamais du exister que de faire des choses pareilles à des hommes et des femmes ! Mais mais mais !!! Il fait quoi là ? Bas les pattes espèce de gros mal propre que tu es ! A croire que tout le monde sent mauvais par ici ! **

Mais elle ne parla pas et n’en dit rien. On lui avait dit de la fermer, elle la fermait. Elle fit bien car Jaren, vu que s’était son prénom, la défendit de suite. Son sauveur ! Encore une fois ! Elle avait deux dettes à présent envers elle, une bien évidemment plus que l’autre.
La jeune Noble les regarda négocier. Elle n’avait jamais vu ça. Quand elle achetait quelque chose, et pour le peu qu’il achetait, elle ne négociait pas. On lui disait un prix, elle payait et ne cherchait pas plus.
Une fois ce petit commerce finit, elles sortirent de la bâtisse, l’une tirant le bras de l’autre pour être certaine qu’elle la suive, et quand Jaren lui affirma qu’elle allait à présent la ramener chez elle. Elle eut un large sourire et elle imagina que s’était le signe pour lui dire qu’elle pouvait retrouver l’usage de la parole.


« Tu sais où je vis ? Pas que je ne te crois pas capable, mais tu es du coin ? Car ses rues se ressemblent toutes et tu sembles vraiment à l’aise. Tu fais comment pour te repérer ? Si tu as un truc, je veux bien le savoir. Ça pourrait m’aider pour la prochaine fois. Même si je n’ai pas vraiment envie d’une prochaine fois. Je n’ai pas vraiment trouvé ça drôle d’être ainsi malmenée. Tu vis par ici toi ? ça serait super de se revoir ! Tu m’apprendrais des trucs, et moi j’aurais plein de chose à t’apprendre et à te raconter. »

Jaren lui avait lâché le bras, elles avaient repris leur marche dans les ruelles et Elysis trottait à coté d’elle, incapable d’avoir le même rythme qu’elle. On avait l’impression que l’histoire des deux gars était loin derrière elle. Pour elle, s’était rien.

« Au fait, niveau dette, on est loin d’être quitte. Je n’ai rien remboursé en devant me taire. Il en faut plus pour que je te montre ma reconnaissance ! Et puis j’ai une nouvelle dette maintenant ! Au fait, tu es dans le commerce non ? Je pouvais te laisser des objets simpa à vendre. On a tellement de bricoles au château dont on ne se sert plus que je suis sur que tu pourrais trouver ton bonheur. Bon, ça ne rembourse pas ma dette, tu m’as sauvé la vie quand même ! Mais j’espère t’aider un peu. »

** Et te revoir un peu aussi ! **
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Jaren Thomas


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MessageSujet: Re: Perdue en pleine ville... {pv Jaren}   Dim 1 Avr - 22:21

C'était juste insupportable. Du moment où Jaren lui avait adressé la parole, Elysis était reparti dans un délire où elle débitait ses monologues incompréhensibles, ou alors pourvus d'un sens que seule elle pouvait comprendre. Jaren stoppa sa marche et toisa la gamine de haut en bas, d'un œil vide de toute expression. Elysis, qui faisait toujours coïncider ses mouvements sur ceux de la pirate, s'arrêta également. Elle n'était qu'à un mètre du mur, guère plus. Jaren s'avança vers elle et l'y poussa en exerçant une légère pression sur le haut de son torse. Elle retira sa main et la posa sur le mur un peu en hauteur, le bras tendu et son visage à une dizaine de centimètres de celui de l'indienne. Aussi proche, elle put se rendre compte de la beauté des yeux bleus sombres et en perdit durant quelques secondes sa voix.

« Dans le commerce... » elle émit un léger rire sarcastique. « Dans quelle tour d'ivoire à tu grandie Elysis ? Je suis de ceux qu'ici vous appelez Pirates, et toi tu es de ceux que les miens voient comme des proies. Non, je ne fais pas dans le commerce Elysis, je fais dans le vole, le meurtre, tout ce qui ici est illégal. Je suis née sur Andori mais j'ai passé toute mon existence sur Arrogance.
Niveau dette, comme tu dis, tu ne me dois rien. Mais si tu y tiens vraiment, alors rembourse moi en m'oubliant du moment où tu seras de retour chez toi. »


Sa voix n'était pas agressive, son ton n'était ni fade, ni joyeux, ni méchant, ni enchanteur. Elle parlait car elle y était obligée, pour briser une illusion violente qu'était en train de se faire la gamine. Tout le monde n'était pas gentil, tout beau, tout propre. Elles n'étaient pas amies. Le monde n'était tout simplement pas à l'image qu'elle s'en faisait.


Toujours les yeux plongés dans les siens, Jaren attendait une réaction quelconque de sa part. Quelques minutes passèrent, ce fut l'obscurité qui fit s'écarter la jeune femme. Elle leva la tête. Le ciel était passé du bleu clair au gris foncé en un laps de temps inimaginable. Elle n'eut pas le temps de cligner des yeux que quelques gouttes lui tombèrent sur le visage, puis tout une flopper. Des gouttes chaudes, lourdes, visqueuses. Premier coup de tonnerre.
Jaren enleva sa veste et la lança à Elysis. Vu ce qui s'annonçait il vallait mieux qu'elles se mettent à l'abri au moins le temps que tout ça passe. Jaren grogna.


« Couvre toi. On va chez moi le temps que l'orage passe. Après je te ramènerai. »

Jouer aux bonnes sœurs et accueillir dans sa chambre d'auberge une étrangère ne lui faisait pas particulièrement plaisir. Mais elle agissait comme son instinct lui disait. Tout cela la mènerait bien quelque part après tout.

« Dépêche-toi »

Bras nus, avec un simple T-shirt noir sur la peau, elle accéléra le pas entre les ruelles, s'enfonçant dans une qui paraissait un peu moins pourrie que les autres. « À l'auberge du chien pourpre » annonçait l’écriteau. Jaren entra par la porte grande ouverte et s'assura qu'Elysis la suivait. Elle était déjà trempée, pourtant, elles n'étaient pas restées plus de cinq minutes dehors.
L'accueil était à même le hall d'entrée. Un tapis poussiéreux recouvrait le sol et les murs étaient recouverts de cadres de l'ancienne époque, retraçant des scènes de vie que l'on pouvait encore facilement trouver aujourd'hui. Quelques meubles au coin de la pièce portaient des lampes éclairant à peine les alentours et pourtant seule source de lumière. Derrière le comptoir de bois un homme d'une soixantaine d'année édenté se redressa brusquement et ouvrit grand la bouche pour l’interpeller. Elle grogna à nouveau et s'approcha de lui.


« Ouais ouais c'est bon... »

Elle s'approcha de lui, retira quelques billets de sa poche et lui donna. C'était ça ou dormir dehors, mais les prix ici étaient simplement exorbitants.
Elle tourna la tête vers la gamine et lui fit signe de la suivre avant de s'engouffrer dans le couloir. On entendait la pluie qui tombait dans de grandes rafales sur les vitres et les murs. Le parquet grinçait sous leur pas et les chambres ainsi alignées faisaient ainsi plus penser à un dortoir d'étudiants qu'à une auberge. Elle sortie une clef de sa poche et ouvrit la chambre numéro 12. Quand elles furent toutes deux rentrées, elle referma à double tour et posa la clef sur la table qui se trouvait prêt de la fenêtre. L'eau y coulait tellement qu'il était presque impossible de voir à travers. Espérons que cette merde allait vite passer.

La chambre était sommaire. Un lit deux places contre le mur sur la gauche, une table, une porte qui menait sur la salle de bain, et une fenêtre en seule décoration. Au bout du lit en boule se trouvait quelques vêtements de rechange. Jaren se tourna vers la couche, enleva son t-shirt, laissant à Elysis une superbe vue sur son dos fin et musclé, limite maigre, en attrapa un sec et l'enfila.


« C'devrait se calmer assez vite... Tu as faim ? »

Elle se baissa et tira un sac de sous le lit. Elle l'ouvrit et en tira un petit tas de papier d’aluminium de la taille de son bras. Dépliant l'emballage précaire, des morceaux de viandes séchés s'y dévoilèrent. Elle posa le tout sur le bureau de bois, en prit un et fit quelques pas en arrière afin de se laisser tomber nonchalamment sur son lit.
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Elysis LaHarwall


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MessageSujet: Re: Perdue en pleine ville... {pv Jaren}   Lun 2 Avr - 15:27

La jeune LaHarwall venait à peine penser au fait qu’elle aimerait beaucoup revoir cette personne si mystérieuse mais qui l’intriguait plus qu’autre chose et qui l’avait aidé, sauvé plutôt par deux fois. Mais à peine sa pensée finit, elle s’arrêta de marcher en même temps qu’elle et ne comprit pas pourquoi elle la regardait subitement de la tête au pied, comme si elle n’avait pas pris le temps de la regarder jusque là. Puis tout s’enchaina. Elle se retrouva plaquée contre le mur après une pression légère sur le haut de son torse. Mais alors qu’elle s’attendait à quitter à nouveau le sol comme le lui avait fait le gros balourd, Jaren retira sa main et la posa sur le mur. Ce geste ne donnait pas envie de fuir même si elle ne la tenait pas fermement. Leurs visages se retrouvèrent ainsi à une dizaine de centimètre seulement. Ce fut la première fois que son regard rencontrait celui d’une autre personne et la première fois que l’on s’attardait sur le sien. Elle rougit mais la couleur de sa peau ne laissa rien transparaitre. Pourtant, si on portait une main à l’une de ses joues, on aurait découvert que le feu s’en était emparé. Ce n’était pourtant pas la peur cette fois. C’était tout autre chose. Autre chose qu’elle ne comprenait pas encore et qu’elle n’expliqua donc pas. Ce qu’elle savait juste s’était qu’elle ne parvenait pas à détourner ses yeux de ses yeux bruns foncés, et bien que la sensation fasse battre son cœur dans sa gorge, elle y prenait du plaisir.
Elle ne perdit aucun des mots qu’elle prononça. Percutants, blessants, troublants, elle qui parlait beaucoup jusque là, ne savait réellement pas ce qu’elle devait y répondre. Du moins, si il avait quelque chose à y répondre. Elle venait d’apprendre qu’elle était Pirate. Un monde qui était son parfait opposé. Aucune habitation fixe, aucune attache, vol, échange, pillage, meurtre. Tout paraissait effrayant, mais aussi passionnant. Tout semblait lointain, mais pourtant si proche de tout ce qu’elle avait connu. Alors qu’elle aurait du avoir peur, elle sentit comme une sorte d’admiration pour sa personne, sa vie. Une vie de liberté et d’aventure. Tout ce qu’elle ne connaissait pas, elle qui quittait si peu son château, sa tour d’ivoire comme elle le lui avait dit.


« Je… je ne voulais pas te contrarier…
Suis-je une proie pour toi ? »


Elysis n’avait pas pu s’en empêcher. Comme si elle n’avait jamais eu peur de parler, qu’importe la réponse qu’on lui apportait. Elle demandait et attendait des réponses. Elle avait toujours été ainsi. Mais si peu de personne prenait la personne à écouter ses demandes et encore moins à prendre le temps d’y répondre. Elle avait été malmenée toute la journée. Elle prenait donc le risque de demander encore, de parler encore.
Elle ne voulait pas rembourser à proprement parler sa dette. Elle voulait l’aider comme elle lui avait aidé. Oui mais comment quand on se retrouvait face à une personne qui se révélait de plus en plus différente que soit et si inaccessible à la fois ? Elle ne lui montrait ni joie, ni colère, ni agressivité, ni charme. Elle ne savait pas comment prendre tout ce qu’elle avait pu lui dire. Peut-être ne devait-elle pas en faire une interprétation. Cela pouvait s’avérer faux.

Elle n’eut pas plus de réaction, pas d’autres paroles. Jaren retira sa main du mur alors que leurs regards ne s’étaient pas quittés. Mais le moment se coupa par la subite obscurité qui avait envahi les lieux. La pluie s’abattit presque immédiatement sur elle. Quelques minutes de plus et elles serait entièrement trempée. Elysis ferma les yeux, comme appréciant le contact de l’eau sur son visage. Elle n’avait jamais marché sous la pluie. On ne l’autorisait pas à sortir quand la pluie tombait. Elle la regardait, envieuse, à travers les carreaux de sa chambre. Il y avait tant de chose à voir dans une pluie battante. Là elle la touchait enfin. Comme si elle s’était réveillée d’un long sommeil et qu’elle réapprenait les choses simples de la vie. Avait-elle vraiment vécu jusque là ?


« Chez toi ? Tu ne vis pas sur un bateau ? »

Jaren l’avait faite sortir de sa rêverie. Elle lui avait lancé sa veste, au risque de se tremper elle-même afin qu’elle se couvre et la suive. Elle n’insista pas, pris la veste, s’y enroula et la suivit jusqu’à ce qu’elle appelait « chez elle ». Il s’agissait en fait d’une auberge dont elle vit rapidement le nom en levant les yeux vers l’écriteau. La pluie à ce moment là tomba à nouveau sur son visage. Elle ferma les yeux, soupira d’aise, avant d’entrer par la porte grande ouverte suivant toujours ses pas. Elle était brusque, réactive, et ne prenait pas des pincettes pour s’adresser à elle. Tout son contraire.
Elysis laissa retomber la veste sur ses épaules, découvrant sa tête et laissant la Pirate régler ses affaires avec le propriétaire des lieux, elle prit le temps de regarder autour d’elle. Elle venait de poser les pieds sur un tapis poussiéreux et les cadres au mur l’interpellèrent. Mais elle n’eut pas le temps de s’y attarder qu’elle se tourna vers Jaren qui venait d’adresser la parole au vieil homme. Elle vit l’échange de billet. Elle pouvait payer elle aussi. Elle en avait de l’argent. Une bourse bien pleine, bien plus que ce qu’avait pu gagner la Pirate pour son petit commerce avec le Balafré comme elle l’avait appelé.

Elle sursauta quand elle lui demanda de la suivre. Ne se laissant pas prier, elle retourna auprès d’elle. Elle ne pouvait pas rater le regard du vieil homme. La petite contrastait avec l’aventurière. Sa tenue ne cachait pas le luxe de son tissu. Une jupe plissait mi-cuisse, une chemise à manches pendante, on voyait sa noblesse au premier coup d’œil. Il était évident qu’il vienne à s’interroger. Mais il n’en dit rien.
Alors que le parquet du couloir craquait sous leur poids, elles arrivèrent devant une chambre dont elle avait déjà oublié le numéro tellement elle s’attardait sur tout autre chose. Le son de la pluie, qu’elle vit à nouveau tomber, mais à travers les carreaux de cette chambre. Elle laissa la veste glisser de ses épaules pour s’en approcher mais elle fit stopper dans son mouvement par Jaren qui venait de déposer ses clés sur la table prêt de la fenêtre. Toujours aussi surprenant, elle n’avait pas repris ses éternels monologues. Elle observait. Et à force d’observer, son regard se posa sur elle, au moment où elle venait de retirer son tshirt. Elle rougit. La cambrure de ses reins, pourtant si maigre et lui présentant que son dos, elle ne pouvait plus en douter. Elle était belle et bien une femme mais au physique pourtant très masculin. Les joues à nouveau en feu, elle fut surprise de se dire qu’elle avait remis un peu trop rapidement son tshirt sec. Elle détourna les yeux et s’attarda sur la chambre.
Il y avait donc une fenêtre, la porte bien évidemment, une table prêt de la fenêtre, un lit deux place et une autre porte menant à ce qui devait être une salle de bain. Il n’y avait aucune décoration. Tout était le plus simple possible contrairement à la propre chambre de la jeune fille qui était brillante, vaste et un trop encombrée de meubles, de décorations, de bibelots et de tenues en tout genre. Quand justement son regard se posa sur le lit, Jaren venait de s’y laisser assoir et avait pris en dessous un sac où elle en sortit ce qui semblait être de quoi manger. Elysis avait pour l’habitude de manger des mets raffinés, subtiles, travaillés. Là il semblait s’agit de viande séchée. Le repas des pauvres comme on disait. Mais comme elle avait repris son habituel mutisme quand elle entrait dans sa réserve, elle n’en fit pas la remarque. Ce qui n’était pas plus mal pour elle !

En fait, conclut-elle pour elle-même, Jaren n’était ici que de passage, avec peu de moyen. Une idée germa rapidement dans son esprit alors qu’elle venait de lui demander si elle avait faim.


« ça te dirait un petit boulot… le temps de reprendre la mer ? ça te sera très bien payé, tu ne seras pas enfermée entre quatre murs et tu es libre d’arrêter quand tu veux. En fait il n’y a quasiment pas de contrainte et j’ai pu voir que tu étais la mieux qualifiée pour ça !
Accepterais-tu d'assurer ma sécurité à chacune de mes sorties ? »


Elle haussa un large mais beau sourire, satisfaite d’avoir eu cette idée qui lui permettrait, elle en était ravie d’avance, de la revoir encore et de pouvoir mieux la connaitre. Elle l’intriguait vraiment mais elle appréciait tellement sa présence qu’elle n’imaginait déjà pas de ne plus la revoir dès qu’elle sera rentrée dans « sa tour d’ivoire ».

Mais la pluie, qu’elle avait oubliée durant ses instants, battait toujours contre les carreaux et sans prévenir, un coup de tonneur retentit au loin. Loin mais le son parut pourtant si proche que les carreaux vibrèrent. Elysis fit un bond et sans même y réfléchir, vint se jeter sur le lit, repliant ses jambes et réfugiant ses pieds sous ses fesses. Dans un même mouvement, elle entoura la taille si mince de Jaren et se blottit contre elle. Elle avait peur, très peur des orages. Pas comme une enfant. Une véritable peur comme si le monde était en train de s’écrouler. Et justement, c’était ce souvenir que ce coup de tonneur lui procurait. La première fois qu’elle l’avait entendu, elle n’était qu’un bébé. Mais les gens hurlaient autour d’elle. Elle avait l’impression d’entendre à nouveau ses cris. L’inde disparaissait derrière eux, sous les eaux qui l’envahissaient avant de l’engloutir. Le pays de ses ancêtres disparaissait sous les flots. Elle, elle s’envolait avec ses parents pour un pays qui n’était pas le sien. Son frère avait disparu. Et elle, elle pleurait dans les bras de sa mère, inconsolable d’un mal qui la hanterait toute sa vie…
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Jaren Thomas


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MessageSujet: Re: Perdue en pleine ville... {pv Jaren}   Mar 3 Avr - 22:39

Jaren voyait-elle la jeune indienne comme une proie ? Elle ne le savait pas. En fait, tout dépendait de ce qu'on appelait proie. Elle n'était pas une proie pour la pirate, mais pour la femme...

Elles étaient donc dans la chambre de Jaren, elle sur le lit et son invité debout, face à elle, qui ne semblait pas décider à s'asseoir. Peut-être l'optique de se trouvait à côté d'une pirate la répugnait ou l'effrayait. Après tout, Jaren l'avait bombarder de révélations plus ou moins lourdes à porter, d'autant plus pour une petite noble. La noblesse... quelle connerie. Jaren n'accepterait jamais ce principe du sang. Pour elle, tout devait se faire au mérite. Mais il y avait une chose plus forte que la noblesse, plus forte que le mérite : l'argent. Si Jaren avait bien une proie, cette proie était l'argent. Elle courait après l'argent comme un loup affamé courrait après le gibier.

L'offre de la petite était pour le moins alléchante : être payé à ne rien faire. Autre fois, avant l'apocalypse, ce fait portait la sublime appellation de fonctionnariat.


« Tu payes combien ? »

Ouais parce que, être très bien payée, ça ne voulait pas dire grand chose. On avait dit la même chose aux journaliers sur Arrogance, quand on avait besoin de quelques esclaves pour du travail qu'aucun habitant de l'île n'était assez bas pour faire. Cinq cents individus pour le travail de cent personnes, le travail pour celui qui le faisait pour rien.

Jaren n'était pas de ceux qui se font avoir, et la mine satisfaite de la gamine n'était pas pour la mettre en confiance. Les nobles étaient de véritables serpents, ils avaient permis à tellement d’Ève de croquer dans la pomme.

La pluie ne se calmait pas. Elle tapait de plus en plus fort sur les vitres fébriles de la chambre. Le ciel s'envenimait et au fur et à mesure que sa colère montait, il s'assombrissait. Bientôt on pourrait affirmer avec une réelle certitude qu'il ferait nuit, en plein jour.

Un premier coup de tonnerre.
Jaren mâchouillait tranquillement son morceau de viande. Elle ne vit rien. Elle ne comprit pas ce qui se passait quand la môme qui se trouvait devant elle bondit sur le lit, se blottissant contre elle et s'enroulant en plus sur elle-même comme pour se protéger doublement contre quelque chose. Mais contre quoi...

Un second coup de tonnerre. Jaren la sentit trembler et serrer un peu plus sa taille. Cette sensation, ce contact, était quelque chose de tout à fait inhabituel pour elle. Plus surprise qu'autre chose, son corps réagit d'abord par réflexe. Ses mains se posèrent sur les épaules de l'indienne s’apprêtant à l'écarter d'elle, mais une sensation étrange, mélange de pitié et de quelques autres émotions, toutes non identifiables, l'en empêcha. Elle glissa sa main gauche derrière la tête de la jeune fille et descendit la droite jusque dans son dos, pour lui faire sentir sa présence.

Nouveau coup de tonnerre, nouveau tremblement. Même un esprit peu vif en aurait déjà conclu que la jeune femme avait une peur bleue des orages. Jaren ne pouvait pas y faire grand chose.

Elle baissa la tête, la cachant derrière la masse de ses cheveux sombres et fins.


« Sur Arrogance, on avait souvent des nuits d'orage, pas un simple orage comme celui-ci, mais toute une nuit. J'avais peur au début, je crois. C'est pour ça que mon père avait mis en scène un rituel complètement idiot... On éteignait toutes les lumières, barricadait portes et fenêtres et on allumait plein de bougies qu'on posait sur la table basse du salon. On s'asseyait autour, sur des coussins, en tailleurs, et on priait toute la nuit ma mère de veiller sur nous... »
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Elysis LaHarwall


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MessageSujet: Re: Perdue en pleine ville... {pv Jaren}   Mer 4 Avr - 22:14

La jolie indienne avait toujours ses bras enroulés autour de la taille de Jaren. Elle tremblait à chaque coup de tonnerre et ne semblait pas vouloir lâcher. Elle ne la serrait pas au point de lui faire mal mais plutôt d’une étreinte tendre à la rechercher de sécurité. Bien au-delà de ses souvenirs, sa peur, ses douleurs, elle ressentait comme un certain plaisir d’être contre elle. Un plaisir qu’elle n’expliquait pas. Une sensation de bien être. Un bien être qu’elle ne comprenait pas.
Ce fut là qu’elle sentit que les mains de la jeune Pirate, après s’être posées sur ses épaules, avaient glissé et s’était posé sur son dos montrant ainsi sa présence et la protection qu’elle recherchait. Elysis se détendit et l’orage, en tout cas, les coups de tonnerre s’éloignèrent avant de finir par disparaitre. La pluie battait toujours contre les carreaux et elle écouta le récit qu’elle venait de lui faire. Cela la réconforta même si la peur était toujours là. Elle se redressa doucement sans retirer ses mains de sa taille. Elle lui sourit ce qui était plus fort qu’un simple remerciement.


« Je suis sur qu’elle a bien veillé sur toi. »

Elle aurait pu lui dire que elle, elle priait la Déesse et elle la priait encore à ce moment là de veiller sur elle, sur elles. Mais elle savait, surtout au milieu de la Noblesse que tout le monde n’aimait pas forcement la Déesse et elle ne voyait pas pourquoi. Sa mère aimait la Déesse, louait la Déesse, mangeait pour la Déesse, dormait pour la Déesse. Son père ne se préoccupait pas de la Déesse, passait des jours sans penser à la Déesse. En somme, Elysis avait grandi au milieu de parents tout à fait différents, aux pensées totalement différentes. Ce qui au fond n’était pas plus mal mais elle l’ignorait encore. Le fait d’avoir des parents aux idéaux si radicaux n’était qu’une bonne chose pour elle et elle s’en rendra rapidement compte quand la Marque que la Déesse lui avait donné se révèlera.

« Je pourrais dire que je pourrais prier mon frère pour qu’il veille sur moi. Mais il n’est ni un dieu, ni un élu et encore moins mort. Il a disparu le jour où les fléaux ont englouti le pays de ma mère. Je n’ai jamais cru à sa mort, jamais. Je pense qu’il ignore où on peut être. Qu’il est perdu. Qu’il attend qu’on le retrouve. Depuis ce jour là, les orages m’ont toujours fait peur. Cela me rappelle ce jour. Je n’arrive pas à retirer de mon esprit le bruit du tonnerre, les hurlements des gens, le bourdonnement de l’avion qui menace à chaque trombe d’eau de s’écraser…
Il faut que la terre arrête de se déchirer… Pourquoi les hommes ont-ils déchiré la Terre… La Déesse a eu raison de nous punir, mais ce soir, non ! »


Elle eut un rire nerveux à ses derniers propos. Elysis lâcha enfin Jaren mais sans s’éloigner pour autant. Elle ne voulait pas s’en éloigner et ça encore, elle ne savait pas pourquoi. En fait, elle ne cherchait pas non plus à expliquer tout cela. Si tout allait bien, pourquoi chercher des explications au risque d’aller mal ? Elle se redressa un peu plus sans s’attarder sur ses réfléxions, s’assit en tailleur à coté d’elle et prit un morceau de viande séchée qu’elle mastiqua doucement. Elle appréciait finalement son gout. Elle appréciait cette soirée.
Repensant à leur précédente conversation, qu’elle avait presque oublié et repensant de son idée soudaine qui pourrait, elle l’espérait, lui permettre de voir un peu plus sa nouvelle amie, si elle voulait bien d’elle comme amie. Car elle y tenait. Elle n’avait jamais eu d’ami. Personne ne s’était attardé sur elle. Personne ne l’avait aidé. Jamais. Jaren lui avait donc demandé combien elle la paierait. Elle ne voulait surtout pas se tromper dans sa réponse. Surtout pas.


« 1000 à chaque mission de sécurité… Ce n’est vraiment pas beaucoup je sais mais je ne crois pas que mon père accepterait de payer plus, même si c’est pour protéger sa fille unique et que cette protection a été prouvée et qu’elle s’est avérée efficace. Cela irait ? »

Elle se tourna vers elle et lui sourit à pleine dent, Presque le genre de sourire qu’on ne pouvait refuser. Elle faisait bien plus femme que enfant à ce moment là. Femme sur d’elle. Femme si jeune. Mais femme malgré tout…
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Jaren Thomas


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MessageSujet: Re: Perdue en pleine ville... {pv Jaren}   Dim 15 Avr - 22:31

« 1000 à chaque fois... d'accord. »

Elles avaient des valeurs différentes, ce qui pour une valait beaucoup semblait risible pour l'autre. Elles avaient des origines différentes, l'une portait les couleurs de l'Asie alors que l'autre avait la blancheur de ce continent. L'une avait gardé l'innocence de l'enfance alors que l'autre ne croyait plus depuis longtemps au happy end. Oui, tout semblait les opposer ; et pourtant, une chose les rassemblait. Une seule chose plus forte que toutes les différences. La perte d'un être cher. La guerre leur avait pris leur famille. Elle avait raison, il fallait que la terre arrête de se déchirer. Il fallait que l'homme comprenne qu'il n'était pas le maître du monde... mais qui alors ? Qui d'aussi puissant et capable d'avoir un tel impact sur le monde ? On parlait d'une déesse. Jaren n'y croyait pas trop. Elle n'avait pas confiance en ce principe d'un être supérieur et divin, mais comme toute âme simple, si on lui prouvait son existence d'une quelconque manière, elle s'y plierait.

Elle inspira profondément et expira. Elle se sentait bien et c'était peut être la première fois que cela lui arrivait depuis le début de son existence. Elle resserra légèrement son étreinte sur l'indienne mais alors celle-ci se redressa. Ely prit un morceau de viande séché et le grignota. Preuve que la faim pouvait vous faire prendre des vessies pour des lanternes.

Cela faisait longtemps que Jaren savait ce qu'elle voulait. Ou plutôt, qui elle voulait. Et si elle écoutait son corps plutôt que sa tête à cet instant, ses lèvres auraient depuis longtemps dévoré les siennes. Mais au delà du rang social, le problème était qu'elle écouterait alors son corps... et non son cœur. Elle était belle, elle était jeune, amusante, heureuse, innocente. Mais Jaren n'était pas de ceux qui souffrait du coup de foudre.

Elle se redressa, s'étira, se passa une main sur le visage puis dans ses cheveux encore humides et enfin regarda par la fenêtre. L'orage était passé, mais il pleuvait toujours. Sûrement que cela ne s'arrêterait pas avant demain matin.


« hum...je te laisse le choix... soit j'te ramène sous la flotte, soit tu dors ici cette nuit... »

Elle jeta un regard à la gamine et rajouta rapidement devant sa mine déconfite :

« T'inquiète pas j'vais pas te bouffer... »

Elle n'avait juste pas envie de choper la crève. Elle n'avait pas les moyens de se payer le médecin et une semaine de repos...

Elle quitta le lit d'un bon et d'un pas lasse mais néanmoins rapide s'approcha de la fenêtre. La pluie glissait presque silencieusement le long de la paroi de verre. Ses yeux suivirent le lent parcours effréné d'une simple goutte arrivant au milieu du rectangle transparent et s'en allant mourir dans l’extrémité droite...


« Ça a quelque chose de rassurant je trouve... l'eau... la pluie... Comme si le ciel lavait la terre des péchés des hommes ... »

Elle posa une main sur la vitre, elle était froide.

« … mais il ne peut pas laver les hommes de leurs péchés... »
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Elysis LaHarwall


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MessageSujet: Re: Perdue en pleine ville... {pv Jaren}   Lun 16 Avr - 15:22

Jaren venait d’accepter la proposition. Cela la soulagea. Elle avait pensé un instant qu’elle allait refuser et aurait été prête à lui donner tout l’or du monde pour qu’elle l’acceptait. Mais une idée lui était venue à ce moment là où elle voyait la possibilité d’un refus de sa part. Elle n’aurait pas su quoi faire si justement elle s’était mise à refuser tout l’or du monde. Elle ignorait ce dont elle aurait été prête à céder pour la revoir, ne serait-ce un instant. Une part d’elle qu’elle n’était pas capable encore d’écouter et surtout à comprendre lui disait qu’il y avait une chose qui valait plus que tout l’or du monde. Elle le comprendra, un jour, mais pour l’heure, elle n’en était pas réellement prête. Elle avait trop de choses à voir, à affronter, à réaliser pour le comprendre. A présent, la jeune LaHarwall devait convaincre son père qu’une protection lui était nécessaire et que cette protection ne pouvait lui être faite que par elle. Mais à ses yeux, l’affaire lui semblait la plus aisée des deux. Elle était donc sur de son coup. Le contrat passé, contrat moral vu que rien n’avait été signé, elle passa à autre chose comme si de rien n’était. Elle pensait à tellement de choses qu’il lui était rare de s’attarder sur un seul et même sujet. Sauf quand il s’agissait de Jaren et jusque là, elle voulait s’attarder indéfiniment sur elle. Comme si son esprit avait été empli par son unique présence. Elle en était déjà dépendante.

Le tonnerre était déjà lui aussi passé, plus rien ne grondait autour d’elles. La pluie battait toujours sur les carreaux, mais elle n’avait rien d’effrayante. Au contraire, sa mélodie était plutôt douce, rassurante. Mais cela ne la rassurait pas totalement. Elle ne pouvait s’empêcher de repenser à l’avion décollé, elle pleurant dans les bras de sa mère, et la tempête battant autour d’eux comme pour empêcher leur fuite. Depuis, plus aucune pluie n’avait réellement été une tempête mais elle n’en restait pas moins une pluie. Bien qu’ayant reçu une éducation stricte en matière d’hygiène et aimant particulièrement la propreté et les bonnes odeurs, elle craignait l’eau. Un simple bain lui donnait des frissons. Plusieurs fois, elle craignait de se retrouver la tête sous l’eau, étouffant, suffocant sans que personne ne la sauve. Plusieurs fois, l’eau prenait place dans ses cauchemars, entrant par ses narines, s’invitant dans sa gorge, bloquant sa respiration. La pluie n’était rien en soi, mais l’eau était un danger pour elle.
Elle avait l’habitude de parler des éléments, pluie, feu, terre, air, avec sa mère qui louait jour, et nuit parfois aussi, Amanda qui veillait sur eux. Bien que jeune et innocente, elle comprenait chaque précepte et avait des opinions qui lui appartenaient, même si elles étaient quelque peu endoctrinées par ses parents. Mais tous deux différents, celui lui permettait d’avoir des pensées un peu plus réfléchi qu’eux. Du moins, elle l’ignorait encore. Elle avait confié sa peur de l’eau à sa mère. Celle-ci ne l’avait pas réellement écouté et ne l’avait jamais totalement rassuré. Elle la rassurait en lui disant qu’elle était protégée, que sa mort était déjà écrite et que si elle venait, à cause de l’eau ou autre chose, elle viendrait malgré tout. Ce jour là, elle avait eu peur de tout. Mais cette peur s’était estompée comme le temps qui passait. Elle l’oublia.


« La grande Déesse se chargera de nos pêchers. Et les éléments en sont sa volonté. Elle ne cesse de nous punir, de nous guider, de nous purifier. Mais nous n’y prêtons pas toujours attention, alors elle recommence sans cesse. Je crois que nous n’y prêterons jamais réellement attention… »

La petite baissa les yeux comme si elle était peinée par tout ce qu’avait pu faire les hommes. Elle n’en était pas pourtant pas coupable, mais elle s’en voulait de faire parti d’une espèce qui avait tant de maux. Son précepteur avait affirmé une fois à ses parents que son innocence, sa naïveté sur le monde extérieur était comme une protection qu’il ne fallait pas trop vite lui retirer. C’était pour cela que bien qu’elle soit noble, elle n’était pas encore mariée. On voulait la préserver le plus longtemps possible de tous les pêchers du monde que craignait, redoutait mais faisait toujours les hommes.
La jeune Pirate lui disait de rester dans cette si petite chambre. Elle fit une mine déconfite et fut décontenancée par la réponse qu’elle lui fit. Certes, elle n’allait pas la bouffer, mais elle se demandait si elle n’avait pas oublié un détail. Il n’y avait qu’un lit dans cette chambre. Un lit deux places, mais un seul lit. On lui avait bien appris qu’il était déplacé de dormir dans le même lit qu’une autre personne à moins qu’il ne s’agisse de son époux. Jaren n’était pas noble et ne sera donc jamais son époux, et puis elle était une femme et elle trouva encore plus troublant de dormir en cette proximité avec elle. Ses joues s’empourprèrent sans qu’elle ne le comprenne. Elle préféra donc de continuer son discours sur les éléments.


« Des quatre éléments, je n’affectionne pas réellement la pluie… L’eau, cet état indispensable et dont nous sommes incapables d’en faire une réelle copie. L’eau, qui s’impose, s’insinue, capable de détruire mais qui ne disparaitra jamais. L’eau est en nous, autour de nous, loin de nous.
Nous créons le feu, nous labourons la terre, nous insufflons l’air. L’eau est le seul à pouvoir se mêler aux trois et pour les modifier, voir les détruire. L’eau est le seul à, à la fois, donner la vie, comme elle peut la reprendre aussi. »


Elysis la regarda quitter le lit d’un bond alors qu’elle aurait bien voulu, sans comprendre pourquoi, se blottir à nouveau dans ses bras. Elle y ressentait un certain réconfort plutôt plaisant. La suivant des yeux, elle la regarda s’approcher de la fenêtre où les gouttes de pluie s’abattaient et s’y laissaient couler. Elle l’écouta à son tour lui parler de l’eau, de la pluie. Son avis était proche mais à la fois éloigné du sien. Elle ne chercha pas à la contredire, la laissant parler, se laissant s’imprégner inconsciemment de sa voix.
Elysis se leva à son tour, et avança doucement jusqu’à elle. Toujours silencieuse, elle regarda la pluie tomber à l’extérieur. La nuit était totalement tombée. Seules quelques fenêtres avoisinantes et les quelques réverbères éclairaient les ruelles. Cela donnait une image plutôt triste.

Sans calculer, sans réellement savoir non plus ce qu’elle faisait, écoutant ses instincts et son cœur au lieu de sa tête et son esprit, elle fit glisser son doigt mince sur la goutte d’eau qui venait de s’abattre sur la fenêtre et laissa glisser d’un geste délicat et lent son doigt pour suivre la trajectoire de cette goutte. La goutte d’eau vint se perdre derrière la main posée de Jaren qui était toujours sur la vitre. Elle posa d’un geste doux sa main sur la sienne et glissa sa tête sur son épaule.


« Je préfère rester ici que d’affronter une tempête… une autre tempête… »

Ses propos avaient été prononcés avec la même délicatesse que ses mouvements, dans un murmure doux et tendre, d’une voix cette fois plus proche de la femme que de l’enfant…
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Jaren Thomas


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MessageSujet: Re: Perdue en pleine ville... {pv Jaren}   Lun 16 Avr - 19:24

« Hum... la déesse... A-man-da... » Jaren laissa échappé un petit rire nerveux. « Tu vis dans une tour d'ivoire, loin au dessus des hommes et des véritables problèmes de la vie... On a pas l'temps de s'occuper d'Amanda quand on a le ventre creux tu sais... »

Elle l'écouta parler des quatre éléments. On eut l'impression qu'elle récitait une leçon. Mais était-ce le genre de leçon qu'on apprenait aux jeunes nobles ? Elle n'en savait rien. Peut-être était-ce le fruit de sa propre réflexion. Alors on pouvait y voir tout le travail que son percepteur avait fourni pour lui créer une pensée construite et droite. Jaren était loin d'avoir autant de clarté dans ses idées. Pour elle, la seule chose qui comptait vraiment, c'était de pouvoir continuer à les exprimer. Elle avait renoncé à faire parti de l'équipage de son dernier navire. Elle n'y avait pas le droit à la parole. Peut-être aurait-ce été autrement si elle ne s'était pas montré sous son véritable jour, mais plutôt comme le jeune homme que l'on voit souvent en elle. Dès fois, elle s'amusait à penser que ce n'était pas pour rien que la nature l'avait faite si androgyne.

Autant la leçon était bien apprise et récitée, autant Jaren n'en trouvait pas le contenu particulièrement juste. Elle ne pensait pas au contraire, que l'eau était la seule à tenir ce rôle bipolaire.


« Le feu, réchauffe et réconforte... alors qu'il brûle et incendie. L'air alimente nos poumons... et le vent souffle parfois à en faire tomber nos maisons... Et la terre... la terre nous nourrit. Mais la terre tremble de colère et nous tue. »

Jaren marqua une pause. L'homme ne maîtrisait aucun des quatre éléments. Il se contentait de vivre à leur dépend.

« Nous créons le feu, mais il nous est impossible de le contenir quand il se déchaîne. Nous labourons la terre, mais c'est elle qui choisit d'être fertile et de nous épargner une mauvaise récolte... Et nous insufflons l'air... mais nous ne pouvons pas vivre là où il est absent. Nous ne maîtrisons Elysis, crois moi, la mer me l'a appris. Nous nous contentons de survivre... L'eau n'est pas plus dangereuse que les autres éléments. Tu n'as pas de raison d'en avoir peur. »

Totalement absorbée par sa main posée sur cette vitre, elle ne l'entendit pas se lever ni venir derrière elle. Elle cacha sa surprise lorsqu'elle sentit -puis vu par la suite- sa main se poser sur la sienne. Une tête sur son épaule. Son corps se raidit. Cette enfant avait-elle donc conscience de ce qu'elle faisait ? Certainement pas.

Mais si elle voulait jouer, alors jouons !

Jaren virevolta, l'attrapa, la plaqua contre la fenêtre et se rapprocha d'elle en franchissant largement les limites du raisonnable. Ses yeux plongeaient dans les siens, ses lèvres à moins de trois centimètres des siennes, elle glissa sa main dans les cheveux de l'indienne et lui coinça une mèche derrière son oreille.
À mesure que les secondes passaient, elle sentait grandir en elle le désir, physique certes, mais pas seulement. Le désir de trouver le repos dans les bras d'une douce personne... plus tard elle apprendrait que son désir était plus précis encore. C'était dans les bras d'Elysis qu'elle voulait être.


« Ne joue pas à ce jeu avec moi... tu ne sais pas à qui tu as à faire. »

Elle rapprocha dangereusement ses lèvres des siennes, mais s'arrêta à quelques millimètres et lâcha toute son emprise puis recula.
Elle ne lâcha pas Elysis des yeux pour autant. Elle espérait que sa réaction ait rendu ses esprits à la jeune noble, et surtout que cela n'avait pas eu l'effet inverse que celui escompté. Elle aurait aimé reculer un peu plus, une soudaine envie de s'enfuir en fait. Mais derrière elle se tenait déjà le mur, et la porte...


« T'prendras le lit. Moi j'me débrouillerai. Si tu veux manger quelque chose de chaud, ils servent le repas dans moins d'une heure à l'étage. On peut y aller. »
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Elysis LaHarwall


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MessageSujet: Re: Perdue en pleine ville... {pv Jaren}   Lun 16 Avr - 21:16

C’était la seconde fois, ou la troisième, qu’elle lui disait qu’elle vivait dans une tour d’ivoire. Elle le savait, on le disait souvent des jeunes nobles. Mais elle croyait en Amanda, sa force, son pouvoir, ses bienfaits. Elle croyait en Amanda car elle avait cessé de croire aux Hommes. Si jamais un jour elle avait pu croire en eux. En dehors de ses parents, elle n’avait jamais connu de personnes sympathiques, tolérantes, à l’écoute. Jaren était la seule qui avait pris le temps de s’attarder sur elle. Elle avait quelque chose qui l’avait poussé à l’admirer. Elle avait quelque chose qui lui plaisait. Elle n’attendait que ça, d’en avoir la confiance des Hommes. Elle n’attendait que ça, d’en avoir la confiance de Jaren. Peut-être que Jaren allait l’aider à s’ouvrir sur les autres, à comprendre des choses qu’elle n’aurait jamais été sensée apprendre. Peut-être que Jaren l’aiderait à être elle-même. Et plus cette enfant curieuse mais tellement ignorante de la vie. Elle voulait apprendre. Elle voulait avancer. Elle voulait avoir le courage, ce courage de partir et de retrouver son frère. Elle ne voulait pas se servir de Jaren pour cela. Elle voulait que celle-ci se joigne à elle, volontaire et aussi déterminée qu’elle voudrait l’être elle-même. Mais elle s’en sentait pas capable seule. Trop de choses lui échappaient encore ! Et elle le voyait bien en suivant les explications qu’elle lui donnait par rapport à ce qu’elle avait pu avancer.

« Eau, feu, terre, air… je ne demande qu’à apprendre ! »

** Et je t’apprendrais à connaitre la Déesse et tu ne pourras que l’aimer autant que moi ! **

Ses propos avaient double sens. Double sens pour ceux qui l’interpréteraient dans un sens autre que ce que l’en donnait la personne à l’origine. Tout était dans l’interprétation. Mais il fallait faire attention car l’interprétation pouvait contrarier comme elle pouvait donner envie. Envie comme une sorte de promesse, une espérance que l’on attend et qui n’est pas forcement assurée, qui n’est pas certaine, qui est fausse.
Elle parlait des éléments en tant qu’élément, mais on pouvait y voir tout autre chose. Comme des états, des caractères propres à chacun, propre à Jaren. Elle était feu, elle était fougue. Elle était eau, elle était fuyante. Elle était air, elle était envoutante. Elle était terre, elle était forte. Et justement, elle montra ces cotés à la fois brusque, soudaine, captivante et…

Elle venait de retenir son souffle alors que son cœur battait à tout rompre. Plaquée contre la fenêtre dont elle eut l’impression de sentir la pluie plus proche que jamais, ses yeux dans les siens, ses lèvres si proches, sa main glissant dans ses cheveux, elle crut mourir. La chaleur avait repris sa place sur son visage. Elle lacha ses yeux qui la troublaient plus que jamais pour glisser le long de son nez, sa joue et finir sur ses lèvres, toujours aussi proche. Elle aurait voulu que ses lèvres se joignent aux siennes, dans un baiser fougueux. Elle rougit de plus belle à cette pensée. Elle avait vu des jeunes gens s’embrasser au château et elle les avait enviés. Elle n’avait jamais connu l’amour. Elle ignorait ce que l’on devait ressentir. Mais elle rêvait de le ressentir, sincèrement, fortement, et que cette personne ressentirait la même chose, intensément, infiniment.


« Je… ne… joue… pas… »

** A quoi suis-je sensée jouer ? **

Alors que Jaren s’était éloignée, à chacun de ses mots, elle s’était laissée glisser le long de la fenêtre comme si elle avait perdu moyen de ses jambes. Ses moyens étaient totalement perdus. Elle voulait remonter le temps et revivre les dernières minutes. Encore. Encore. Encore. Elle ne comprenait pas mais elle aimait ça. Et plus elle aimait ça, plus son être en redemandait. Oui, mais elle ne comprenait pas pourquoi elle réagissait comme ça.
Elle soupira, comme désolée de s’être comportée ainsi. Faible, si faible. Elle regardait le sol devant elle, ce sol si froid sous elle. Elle écoutait Jaren lui parlait de repas. Elle n’avait pas si faim, là elle voulait ses bras, que ses bras. Telle une enfant, telle une femme qui demandait d’être satisfaite d’un geste tendre. Elle ne voulait pas fuir. Ou si elle fuyait, s’était pour s’évader dans une étreinte.


« Oui ça serait mieux d’y aller… »

La jolie métisse déglutit. Elle voulait respirer. Elle semblait étouffer. Etouffer. Mais que lui arrivait-il ?
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Jaren Thomas


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MessageSujet: Re: Perdue en pleine ville... {pv Jaren}   Lun 16 Avr - 22:34

Elle ne jouait pas. Malheur. Si elle ne jouait pas, alors elle était encore plus innocente que ce qu'elle ne pensait. Jaren avait à faire à un vrai modèle de pureté de l'âme. Un diamant qu'on avait garder dans une boite, à l'abri du monde, pour conserver sa pureté... mais trop d'innocence en faisait une proie idéale au moindre prédateur. Pire qu'une proie... un menu de grand chef restaurant servi à table. Il n'y avait qu'à attendre que le serveur vienne.

Elle se frotta le visage de ses deux mains. Elle se trouvait incombée de la tâche de lui expliquer ce qu'il se passait, ce qu'elle faisait, ce qu'il lui était interdit, interdit à toutes les deux.
Elysis avait glissé le long du mur et se retrouvait à présent à même le sol. Jaren soupira, s'en approcha et s'accroupit à côté d'elle, en équilibre sur les pointes.


« Tu... Comment dire... Elysis... Je ne sais pas si tu comprends vraiment ce qui se passe... il y a des gestes qui ne se font pas... des mots qui ne se disent pas... pas entre nous... pas entre une noble, et une pirate. Tu es destinée à te marier, avoir des enfants, faire perdurer ta lignée... servir Amanda... Je n'ai pas d'avenir. »

Elle se redressa et lui tendit une main pour qu'elle fasse de même. Le mieux à présent était de faire comme si de rien n'était.

« Allez m'amzelle, à la soupe ! Hum... j'te promets rien sur la qualité d'celle-ci d'ailleurs... »

Elle émit un grognement perplexe. Ce n'était pas pour rien qu'elle mangeait de la viande séchée depuis une semaine. La viande rougeâtre qui ressortait verte et la soupe qui bullait constamment ne lui avait pas aspiré confiance.

Quand elles furent toutes les deux debout Jaren prit quelques pièces et fourra le reste de l'argent dans son sac, puis, elle attrapa la clef, sortit, suivie de prêt d'Ely et ferma la porte à double tour. Les couloirs étaient encore plus sombres que toute à l'heure, et logiquement, encore moins sûr. Devant eux, non loin de la cage d'escalier, deux petits vieux sortaient de leur chambre, s'entraidant pour traverser la grande étendue qui les séparait de la salle commune. Jaren sourit en coin. Elle trouvait ça mignon... peut être. Elle n'était pas sûre.

Elle avança à leur suite jusqu'aux escaliers et s'y engouffra. Ils étaient aussi étroits et sinueux que le reste de l'auberge, rien d'étonnant. Au mur, un cadre de chevaliers. La première fois, Jaren aurait juré l'avoir vu bouger...

Elle arriva dans la salle commune. Elle ressemblait aux vieilles entrées d'auberge moyenne ageuse, tout de bois. La seule dose de modernité était incarné par un juke-box et un bar en verre. Le tout faisait carrément dépareillé... disons le : moche, dépourvu de tout charme ou romantisme.

Jaren jeta un coup d’œil par dessus son épaule, cherchant l'indienne du regard. Elle lui fit un signe de la tête pour qu'elle la suive vers la petite table collée contre le mur prêt de la cheminée. La lumière ricochait contre les murs, s'accompagnant de la chaleur des flammes.

La pirate se laissa tomber nonchalamment sur sa chaise, la basculant en arrière pour se retrouver en équilibre sur deux pattes, le dossier contre le mur.

D'un signe de la main elle interpella le même vieillard qui était à l'accueil plus tôt dans l'après midi.


« La totale. Deux fois. »
Elle lui glissa dans la main la somme adéquate. Il grogna à la fois d’approbation et de gratitude avant de reprendre sa ronde dans la salle.
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Elysis LaHarwall


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MessageSujet: Re: Perdue en pleine ville... {pv Jaren}   Lun 16 Avr - 23:30

Elysis eut un sursaut quand elle la vit revenir vers elle. Mais elle resta à distance raisonnable cette fois, à la fois marquant son soulagement et sa déception. Elle voulait prier les deux pour que sa main entre en contact avec la sienne, ou avec sa joue, ou les deux, ou, ou, ou… Elle commençait à en perdre la raison et le feu reprit possession de ses joues. Tellement qu’elle fut surprise par les propos, pourtant si calme, qu’elle vint à lui donner. La petite fronça les sourcils et se redressa, comme choquée par ce qu’elle venait de lui dire. Elle n’avait pas réellement compris où elle voulait en venir et n’avait saisi qu’une infime partie du message. Au point d’en faire une interprétation que partielle. Elle ne retint qu’un fait : elle voulait l’éloigner d’elle. Et ça, elle ne l’acceptait pas.

« Je ne veux pas me marier ! Je n’ai pas de lignée à perdurer… Je veux juste rester avec toi ! Je veux juste rester moi ! Pourquoi des mots seraient interdits entre nous ? Pourquoi des gestes seraient interdits entre nous ? Tu es Pirate, oui et alors ? Je suis dite Noble, oui et alors ? Nous avons tous un avenir, toi comme moi. Cela n’empêche pas de servir Amanda. Cela n’empêche pas d’Amanda de nous secourir. Cela n’empêche rien. Rien n’est écrit à ce sujet. Rien ne m’a été appris à ce sujet. Je veux juste rester avec toi… où est le mal… juste rester… »

Elle fit la moue, presque boudeuse, à la limite des pleurs. Pleurs sincère, presque douloureux.
Elle ne voulait pas se marier. Rien que d’y penser, elle en avait la nausée. Penser à un homme qui partagerait son lit, qui ferait d’elle sa potiche à présenter à chaque fois. Non elle n’en voulait pas. Et puis porter ses enfants et ne servir que de couveuse. Ça elle en voulait encore moins. Elle ne s’était jamais intéressée à personne. Elle était jeune, belle, prometteuse et riche. Elle était attendue, elle était désirée. Mais elle n’en voulait pas. Et ses parents ne l’en forçaient pas. Pas pour l’instant.
Elle ne voyait pas le mal que d’aimer la compagnie de Jaren. Elle ne voyait pas le mal que de vouloir sa proximité, que de partager des idées, des propos, des pensées. Elle ne voyait en rien ce qu’elles avaient dit, ce qu’elles avaient fait aurait pu être déplacé. Elle y repensait et elle ne trouva pas. Elle ne voyait pas ce qu’il y avait de blâmable d’être noble, d’être pirate, de se côtoyer elles deux comme elles le faisaient. Elle était bien en sa compagnie. Elle avait l’impression que ce bien-être était réciproque. Elle ne pouvait pas se tromper, elle ne voulait pas se tromper.

Son cœur en voulait plus. Sa tête s’embrouillait.
Elle en voulait plus. Elle s’embrouillait.

Prenant la main qu’elle lui tendait, Elysis se releva presque à contrecœur. Elle serait bien restée un peu plus assise là. Elle n’avait pas faim, mais elle devait bouger pour ne pas être noyée sous ses pensées. Des pensées qu’elle ne comprenait toujours pas, des idées qu’elle ne comprenait plus.
Jaren parlait de la qualité des repas. La petite avait besoin de parler. Parler comme occuper sa tête. Ça, elle savait faire !


« Qualité de la soupe ? ça se voit que tu n’as pas mangé la soupe du vieux Hubert ! Une fois, Josiane, c’est la responsable des cuisines au château, était malade. Mais tellement malade qu’elle ne pouvait plus se lever du lit. Son mari a du prendre les commandes. S’était une catastrophe ! La soupe était aussi épaisse que de la purée. La purée aussi sèche que de la terre. Et la viande aussi dur que le caoutchouc ! On a été à la diète durant une semaine tellement on ne pouvait plus rien manger.
Je ne sais pas cuisiner. Mais quand même, quand on aime manger et qu’on voit sa femme faire les repas tous les jours, quatre fois par jour, on devrait connaitre. Je crois qu’il passe son temps à lire son journal en attendant de remettre des buches dans le feu où ils font chauffer les marmites. A sa démarche, on dirait que tout est un calvaire ! Son fils s’est exactement le même mais en plus jeune. Au moins on ne mange jamais bouillant mais faut aimer parfois manger fois. Il est si lent, parfois on a envie de le secouer. Et puis son regard ! On passe pour des bouts de viande. C’est comme… »


Elysis s’interrompit soudainement alors que la Pirate venait de se laisser tomber d’un air nonchalant sur sa chaise. Elle ne s’était pas rendue compte de ses regards pour voir si elle était toujours là, ni les regards des personnes présentes. Une noble dans un tel endroit était presque une attraction. Elle avait quitté la chambre en parlant, elle était entrée dans la salle sous ses propos au point qu’elle n’avait même fait pas attention où elles allaient et ce qui se trouvaient autour d’elle. Elle la regarda donner ses pièces, sans doute la dernière monnaie qu’il lui restait. Encore une fois, elle aurait pu payer mais elle ne lui en donna pas l’occasion. Elle avait tellement de dettes à lui rembourser. On aurait dit qu’elle faisait exprès. Plus elle avait de dettes, plus elle devait lui en être redevable. A moins que ça n’en soit pas le cas. Elle se trouvait toutes les excuses pour la voir, la revoir et ne pas en être détachée. Jamais.

« Tu reprendrais quand la mer ? »

La question tomba comme un cheveu sur la soupe. Elle lui lança un regard qui en disait long. Un mélange d’un désir d’être emmenée avec elle et d’avoir une proposition de sa part, mais aussi d’un voyage à tout jamais repousser pour ne pas la voir repartir.
Posant ses mains sur la table, comme bonne noble qui se respectait, droite sur sa chaise, presque d’une attitude plus naturelle qu’elle n’en paraissait. Elle plongea son regard sur le feu qui crépitait dans la cheminée. Le feu qui réchauffait et réconfortait, mais qui brulait et incendiait les cœurs…
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Jaren Thomas


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MessageSujet: Re: Perdue en pleine ville... {pv Jaren}   Mar 17 Avr - 12:13

Elle comprend rien. Elle ne voit rien.
Didiou, c'est qu'une gosse quoi...
Ouais mais bon... T'as pas le droit de la laisser dans le brouillard, dans ses illusions idiotes à croire que vos deux mondes sont compatibles. Après elle va s'attacher et plus vouloir te lâcher... toi tu sais pas te fixer, sentimentalement ou physiquement, et elle elle ne peut pas partir et est trop fragile pour supporter tes tendances volages... Stop ça tant qu'il en est encore temps !
Pourquoi ?
Parce que !
Oh ta gueule Jaren.
Ah non Jaren c'est toi.
Bah t'es qui alors ?
Ta conscience pignouf !
Hein ?! C'quoi qu'ça ?

Vacarme intellectuel à la limite de la schizophrénie. Allez savoir combien ils étaient actuellement dans la tête de Jaren, à chercher des idées, des solutions, pour se sortir de ce calvaire émotionnel dans lequel ils s'étaient tous fourré. Si toutes ses voix représentaient ses états d'âme, alors aucun n'était aussi fort que ce à quoi ils avaient à faire aujourd'hui.

Elle tapa sa tête contre le mur derrière elle. La gamine parlait trop, ça l'énervait un peu. En même temps, elle aimait ça, entendre sa voix... éh oh ! Recommence pas ! … okay okay...

Une question. Comme un froid. L'avantage quand vous avez affaire à quelqu'un qui ne parle qui de lui, c'est que souvent, il ne fait pas attention à vous. Mais le moment où cela arrive est crucial car c'est là qu'il détermine quelle relation vous allez entretenir avec le moulin à parole vivant. Amitié, inimité ? Puissance et domination ? Ou démocratie et entre-aide ? Le rapport de force était une chose importante et il ne fallait pas se tromper dans son choix. Cependant, quelque chose criait au fond de Jaren que cette question n'était pas désintéressée et que si on lui portait un quelconque intérêt, c'était à son tour pour en tirer profit plus ou moins vite.
Autant répondre et se taire dans ce genre de condition.


« Bientôt, j'crois. »

Et espère surtout. Il lui fallait s'acheter un bateau, et elle n'avait pas d'argent. En gagner n'était pas une besogne facile, surtout pour une pirate -ou un pirate en fonction des circonstances. Les gens avaient peur de vous, ils fuyaient à votre approche, comme si l'odeur de l'eau salée leur était insupportable. Pourtant la mer avait une odeur qui réchauffait son cœur... Preuve que tous n'étaient pas pareil. Elle était une enfant de la mer au milieu des enfants de la pluie. Son histoire à elle n'avait pas de terre, elle se perdait juste dans l'infini...

« Hey Jaren, Chérie !! »

Le regard de Jaren s'obscurcit avant de se diriger vers l'endroit d'où s'élever son prénom. Elle reconnaissait cette voix, claire, douce... et vicieuse. En début de semaine elle avait passé quelques bons moments avec elle. Cette rousse aux formes voluptueuses n'était autre que le fille du propriétaire, et elle cachait bien son jeu, croyez-moi... Je vous épargne les détails.

Jaren grogna. Foutue soirée... Elle se leva et parcourut les quelques mètres qui la séparait de la demoiselle. Elle voulait épargner cette compagnie à Elysis et peut-être aussi, la préserver de la jalousie...


« Ouais... »
« T'viens me voir cette nuit ? Ça fait longtemps... »
« Trois jours... »
« Moi je trouve que ça fait longtemps... »

La rousse aux yeux verts se rapprocha de Jaren, lui saisit la main et lui dévora les lèvres. La pirate solitaire cacha un léger mouvement de recul.

« Fais gaffe y'a ton père... »
« Il s'est plaint à ma mère ce matin que je sortais avec l'petit gars mal fringué du premier... » chuchota-t-elle un sourire amusé aux lèvres.
« D'accord...Ana... j'viendrai peut-être demain, ce soir j'peux pas, j'ai du monde... »

Ana regarda par dessus l'épaule de Jaren et lança un regard foudroyant à Elysis.

« C'qui celle-là ?! »
« Personne t'inquiète... demain elle sera plus là... À demain. »

Sans le moindre signe d'affection Jaren Thomas retourna s'asseoir à sa place, évitant le regard d'Ely, qu'elle devinait tout aussi sympathique que celui d'Ana un peu plus tôt. Un peu plus loin à la frontière des cuisines, une femme disait à son mari que c'était la première fois qu'elle voyait leur fille aussi amoureuse...
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Elysis LaHarwall


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MessageSujet: Re: Perdue en pleine ville... {pv Jaren}   Mar 17 Avr - 13:24


« Bientot alors… »

Elysis reporta son regard vers le feu alors qu’on leur apporta un semblant de soupe. Mais elle ne fit pas attention à sa soupe, mais plutôt la jeune femme, une jolie rousse, vulgaire et sans gêne, qui interpella Jaren. Elle fronça les sourcils quand, au lieu de la chasser, elle décida d’aller lui parler. Elle entendit tout et un mélange de colère et de tristesse prirent place en elle. Elle avait éduqué de sortir à ne haïr personne. Sa mère tenait à ce que l’amour, la bonté soient les qualités primeurs qu’elle connaisse. Mais on ne pouvait pas empêcher les états. Et bien qu’elle ne sache pas traduire ça comme de la jalousie, elle était visiblement contrariée par cette personne. Elle en fit une interprétation, son interprétation, qui n’était pas forcement la meilleure. Elle venait d’en conclure qu’elle était de trop. Et pas seulement en cet instant mais aussi dans sa vie. A croire qu’elle avait déjà oublié sa proposition. Comme si elle l’avait accepté juste pour lui faire plaisir un instant sans forcement s’y tenir. Une Pirate…

** Je suis une nouvelle proie. Une attraction. Une… comment ils disent déjà ? une aventure parmi tant d’autres… **

Elysis eut un haut le cœur. La soupe qu’elle venait à peine d’avaler, soupe au gout si infâme qu’on se demandait si il s’agissait réellement d’une soupe, ne passait pas. Elle se leva d’un bond, la main sur sa bouche, sa gorge en divers sursaut pour retenir à la fois l’aliment mais aussi les larmes qui menaçaient ses yeux. Sa rousse pulpeuse était visiblement la compagne de Jaren. Elle se demandait donc ce qu’elle était elle pour la jeune femme.
Sa chaise tombant en arrière dans un gros fracas, elle se précipita vers ce qu’elle qualifia de toilettes. Elle poussa la porte, fut bloquée dans son élan et manqua de se retrouver écraser contre la porte, la tira avec une violence qui ne lui ressemblait pas et parvint à l’ouvrir. Elle s’engouffra dans le petit réduit dont l’odeur inqualifiable lui donna un nouveau haut le cœur. Elle parvint enfin aux lavabos, plus jaune que blanc, et ouvrit le petit robinet où une eau plus trop clair se mit à jaillir. Elle se pencha et s’aspergea la figure d’eau. Se redressant doucement, la bouche légèrement entrouverte, la respiration saccadée, les yeux rougis, elle se regarda dans le miroir fissuré qui se trouvait au dessus des lavabos.
Jaren avait raison. Elle n’était personne. Elles s’étaient rencontrées depuis quelques heures à peine et déjà la petite ne voulait plus la lâcher. Mais ce n’était pas forcement la meilleure des choses. Elle faisait trop vite confiance, elle était naïve et ne voyait le mal nullepart. Elle espérait même que dans ses rencontres, les gens soient comme elle. Sans arrière pensée, sans méchanceté, sincère, agréable. Mais le monde n’était pas ainsi et elle le découvrait de plus en plus.
Un nouveau haut le cœur. Elle ne le retint pas. Se penchant au dessus du lavabo, ses larmes vinrent comme le reste. L’eau écoulait déjà le tout. Mais ses larmes coulaient et l’eau ne l’en débarrassa pas. Elle se demandait pourquoi elle restait ici. Elle n’était personne. Autant repartir et redevenir cette jeune chose fragile que l’on protégeait envers et contre tout, que l’on protégeait sans qu’elle ne sache pourquoi.

Elysis se détestait…
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Jaren Thomas


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MessageSujet: Re: Perdue en pleine ville... {pv Jaren}   Mar 17 Avr - 14:04

Jaren ne réagit tout d'abord pas quand Elysis se leva brusquement pour courir vers les toilettes. Elle fronça les yeux quand elle entendit le claquement de porte. Cette violence n'était pas la sienne. Elle se leva, d'un pas lent et traînard se dirigea à nouveau vers ce lieu maudit – la couleur des murs et l'odeur y régnant laisser supposer qu'il était envahi de démons.

Elle retint à son tour un haut le cœur quand ses narines l'arlertèrent de ce qui se tramait dans cet air et se couvrit le mi-visage avec la partie supérieure de son t-shirt. C'était juste dégueulasse. Pire que la soupe.
Elle alla se placer derrière Elysis ; la pauvre était en train de rendre l'âme – ou plutôt son semblant de repas- dans le lavabo. Jaren soupira. Il se passait exactement ce qu'elle ne désirait pas qu'il se passe.


« J'pensais pas que la soupe te ferait pleurer quand même... »

Elle esquissa un sourire en coin et se rapprocha d'elle. Elle savait parfaitement que ce n'était pas la soupe, mais il était beaucoup plus simple de jouer à ce jeu. Elle passa ses mains autour de la taille de la jeune indienne, se rapprocha d'elle dans un pas souple, respira son parfum, la retourna délicatement pour l'obliger à lui faire face et essuya le tour de sa bouche doucement du coin de sa manche.

« À quoi tu pensais ?... Pas besoin de répondre, je le sais. Je t'ai trompée, je t'ai trahi. Je me suis moqué de toi et tu ne vaux rien pour moi. N'est-ce pas ? »

Elle marqua une pause, plongeant ses yeux dans les siens. Elle ne laissait rien paraître et son visage semblait contenir plus de froideur et de sang froid qu'à l'ordinaire.

« Tu comprends peut-être enfin ce dont je te parlais... Tu réagis comme une amante bafouée alors que voilà quelques heures à peine que nous nous connaissons. Je ne suis pas à toi, Elysis. »

Prévoyant la nouvelle montait de larmes elle la serra un peu plus contre elle.

« Je ne suis pas à elle non plus. Elle m'oubliera. Je vais reprendre la mer et elle en aura d'autres, des amants, des amantes, que sais-je. Elle est de ces femmes qui s'amusent de tous et toutes. Mais toi, tu ne m'oublieras pas malgré tout. Alors il n'y aura jamais rien entre nous car tu en souffrirais encore plus que tu n'en souffres maintenant... »

Nouvelle pause. Elle n'avait jamais autant parlé depuis le début de leur rencontre. C'était nécessaire. Elle se devait d'élucider les choses et de les rendre claires, totalement claires, pour que cette situation ne se reproduise plus.

« Le seul à qui j'appartiens, c'est l'océan.»

Allait-elle encore se méprendre, ne pas comprendre, réagir comme une enfant qui fait un complexe d’œdipe sur un de ses parents et réclamer de rester auprès d'elle ? Elle espérait que non, car cela impliquerait qu'elle devrait renoncer à son offre d'emploi, pour le bien de tous. Et cette idée ne lui plaisait pas énormément...

Il lui restait une dernière chose à faire, une seule, pour donner l'égalité à chacun des deux camps, celui de la noble et celui de la fille de l'aubergiste, celui d'Elysis et celui d'Ana. Elle posa sa main sur la joue d'Elysis et rapprocha son visage du sien. Un dernier cadeau à lui offrir pour lui enlever toutes illusions mais pas tout espoir, car c'est l'espoir qui fait vivre...

Elle l'embrassa...
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Elysis LaHarwall


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MessageSujet: Re: Perdue en pleine ville... {pv Jaren}   Mar 17 Avr - 18:33

Quittant le reflet de son visage défait, la jeune LaHarwall se pencha à nouveau pour nettoyer sa bouche avec l’eau à la couleur indéterminée et chasser toute trace de l’aliment tout autant indéterminé. Quand elle se redressa, avant de pouvoir s’essuyer la bouche, elle vit son reflet dans le miroir. Elle eut un sursaut et ne s’occupa déjà plus de l’eau qui coulait sur son menton. Les larmes coulaient toujours sur ses joues laissant une large trace derrière elle.
Elle baissa les yeux, confuse, perdue, quand elle lui adressa la parole. Elle ne prit pas la peine de répondre. Il n’y en avait pas vraiment de réponse.

Jaren vint, enfin, à faire le pas. Le pas qui faisait rêver toutes les princesses. Tel un prince charmant vous enlevant. Elle l’embrassa. Mais pas de ces baisers fougueux, brusques qui poussaient à des limites que le corps réclamait. Non, là c’était tout autre. Il s’agissait d’un baiser tendre, doux, délicat. Le genre de baiser qu’on n’imaginait jamais pouvoir recevoir. Le genre de baiser qui vous faisait fondre tout en faisant pousser des ailes. Un premier baiser parfait. Elysis avait l’impression d’avoir des pétales de roses dans la bouche. Des pétales dont la fleur pouvait vous faire chavirer par son parfum, par sa couleur, pas sa texture. Une fleur qui effaçait toute douleur. Une fleur qui vous transporte, qui vous emporte. Sa fleur. Et elle s’en moquait de ses épines.
Quand leurs lèvres se quittèrent, car il le fallait bien un jour avant d’aller trop loin, ses yeux brillaient mais non plus par les larmes, mais par l’émotion. Elle n’avait jamais ressenti cela. Elle n’avait jamais connu cela. Elle se sentait rempli de bien-être, elle se sentait transportée. Elle se sentait infiniment bien. Elle ne voulait pas que cette sensation s’arrête. Elle voulait le revivre, encore et encore, à tout jamais.


« Oui, je comprends ce que tu disais. Pourtant je ne comprends pas ce que tu fais. Si tu n’es pas à moi, pourquoi avoir fait cela en sachant que… que… je ne supporterais pas le reste. Je n’y connais rien mais… mais n’était-ce pas la pire des solutions ? Je ne suis ni Pirate, ni fille d’aubergiste. Je suis Elysis, juste cette pauvre Elysis, perdue et stupide… »

Elle voulait savoir pourquoi ce baiser, elle voulait savoir pourquoi cette tendresse. Elle ne comprenait pas pourquoi ça lui arrivait. Elle n’avait jamais eu mal. Elle ne voulait pas avoir mal. Elle ne voulait pas être une parmi tant d’autres pour Jaren. Elle voulait être celle pour qui elle voudrait avancer, vivre, se battre et continuer. Elle voulait être unique. Elle avait toujours été l’unique. Elle n’était pas égoïste, mais elle savait qu’on ne partageait pas quand… quand… quand on aimait ?
Elle frissonna en sentant les mains de Jaren sur sa petite taille, fine et cambrée. Elle se blottit dans les bras de la jeune femme, si proche du jeune homme. Mais qu’importe. Ce n’était pas son physique qui l’avait plu. Elle en avait été charmée. Elle en avait été éprise. Elle la voulait. Mais dans le sens le plus pur qu’il puisse exister.


« Ne joue pas avec moi… »

Elysis ne savait rien de l’amour. Elle voulait bien apprendre. Mais elle ne voulait pas être trompée, trahis, blessée. Elle ne voulait pas perdre pour cela ce qu’elle était. Elle voulait que ça reste simple. Elle voulait tant, mais se résoudrait si elle n’en voulait pas. Si elle n’en voulait pas.
Elle eut un nouveau haut le cœur lui rappelant l’écœurant endroit où elles se trouvaient. Elle ne voulait pas quitter ses bras, y rester le plus longtemps possible. Son nez dans son cou, ses bras l’entourant, son parfum, sa douceur. Mais elle quitta ses bras, elle quitta son cou et sortit des toilettes pour respirer enfin. Mais elle n’avait plus faim. Elle voulait juste rester avec elle, quitte à simplement la regarder et caresser chaque parcelle de son visage de son regard.


« Tu crois qu’on peut leur prendre du pain, du fromage, du lait et remonter dans la chambre ? »
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Jaren Thomas


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MessageSujet: Re: Perdue en pleine ville... {pv Jaren}   Mer 18 Avr - 15:24

''Il y a une chose que je désire, une chose sans laquelle mon bonheur est impossible. J'ai besoin de quelqu'un à mes côtés, aimer et être aimée. Milles souvenirs se présentent à moi, dans mon propre alphabet. Nul n'a jamais été aussi épris que moi d'elle. Je l'aime et son cœur m'appartient.''

Jaren se souvenait parfaitement de ses mots. Elle les avait elle-même écrits sur une simple feuille de papier quelques années auparavant. Premier amour. Premier véritable amour. Premier chagrin.

Comme le shampoing, formule deux en un...

''Je peux vivre d'espoir. Tu ne peux douter de l'amour de quelqu'un de si patient. Je n'éprouverai de désir pour nulle autre.''

Foutaises... Elle avait espérer, attendu... Elle était partie avec un autre. Mariage, enfants, famille, carrière... Tu ne peux rien m'offrir de tout ça Jaren.

Vas chier... On ne peux pas tout avoir.
Cesser de penser à Marina... Se consacrer à la littérature, à l'Océan. Réapprendre à vivre. Ne plus jamais aimer. Trop de douleur.

La donne avait-elle changé ?


« Peut-être... »

La pire des solutions. Elle avait peut être raison. Sûrement. Ce geste avait été une erreur, mais il n'y avait ni regret, ni remord, à avoir puisqu'elles l'avaient désiré toutes les deux.
Elle avait une boule dans la gorge, une barre dans le ventre. Quand elle comprit ce qu'elle ressentait, elle en fut paralysée. Elle avait peur. Peur de quoi ? De qui ? Aucune idée. Mais elle était terrifiée.


« Et toi, ne joues tu pas avec moi ? »

Elle jouait aussi. Elle jouait avec son cœur, ses humeurs. Et si tout ceci avait été prémédité après tout ? Elle ne pouvait pas savoir. Non... baliverne. Elle était bien trop jeune et innocente pour préparer quoique ce soit. Elle avait juste peur... et la peur lui offrait des scénarios par millier.
Mais si elle ne se jouait pas d'elle, alors elle jouait avec elle. Car elle ne l'avait pas repoussée.

Elysis sortit du lieu et Jaren la suivit de prêt. Elle lui demande s'il y avait moyen de monter quelque chose dans la chambre et d'y demeurer le reste de la soirée.


« 'vais 'mander... Pars devant. »

Elle glissa la clef dans la main d'Elysis et s'en alla vers les cuisines.

Une dizaine de minutes plus tard, Jaren passa la porte de la chambre, un petit sac dans la main. De l'autre, elle attrapa la clef posée sur la petit table, ferma la porte à double tour, l'y reposa, ainsi que le sac contenant comme demandé pain, fromage et lait.
Elle n'osa pas regarde Elysis. Ses yeux était fixé sur une irrégularité du parquer à une vingtaine de centimètres du pied de la table. Elle avala sa salive avec difficulté. Puis sans dire un mot, alla se jeter dans le lit et enfonça sa tête dans un oreiller. Les grincements du bois n'étaient pas rassurant.

Un grognement, un « eh merde !!! » à moitié étouffé, et un coup de poing dans le mur.
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Elysis LaHarwall


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MessageSujet: Re: Perdue en pleine ville... {pv Jaren}   Mer 18 Avr - 19:17

La petite venait de recevoir les clés de la chambre où elle lui avait demandé d’y aller en attendant. Elle n’en dit rien et s’exécuta alors que la Pirate alla voir en cuisine suite à sa demande. En effet, elle ne voulait pas rester dans cette salle. Elle ne voulait pas revoir la belle rousse et devoir retourner rendre ses tripes dans ces toilettes aux odeurs indescriptibles. Elle monta d’un pas lent les escaliers en bois. Le parquet du couloir grinça sous son poids. Elle était pensive.
D’un geste mécanique, elle mit la clé dans la serrure et déverrouilla la porte, un geste qui ne lui était pourtant pas familier. Des domestiques le faisaient pour elle au château, lui retirant la charge de toucher ses matériaux sales et rouillés. Elle referma doucement la porte, posa la clé sur la petite table, d’un geste tout aussi mécanique, et fit quelques pas dans la chambre avant de s’y arrêter en plein milieu. Les yeux dans le vague, elle revoyait la scène précédente et ferma les yeux. Son parfum était largement présent dans la pièce. Un mélange d’allégresse, de douceur, de bonheur. Elle glissa ses doigts sur ses lèvres. Elle avait l’impression de sentir encore son contact. Légèrement humides, délicieusement sucrée. Ses lèvres en redemandaient encore.

Son premier baiser, ce premier baiser.

La jeune LaHarwall sursauta quand elle entendit Jaren passer la porte. Elle n’osa pas se retourner. Son cœur s’embala. Elle n’osait ouvrir les yeux. Un délicieux désir de sentir ses bras l’entourait à nouveau, sentir son souffle dans son cou, juste la ressentir bien présente, bien à elle. Juste à elle. Elle écouta chacun de ses mouvements. Elle n’en avait pas besoin pour l’imaginer, pour la visualiser en train de se mouvoir dans l’espace.


« Jouer… Tu sais, je ne saurais pas jouer avec ça… je ne saurais pas jouer avec toi… »

Mais rien ne vint. Elle l’entendit passer à coté d’elle et se jeter sans management sur le lit. Elle baissa la tête et ouvrir doucement les yeux quand un bruit la fit sursauter à nouveau. Elle leva la tête, la bouche entrouverte, le regard remplit d’effort. Jaren venait de donner un coup de poing dans le mur. Elle alla immédiatement la rejoindre et prit son poing entre ses mains mates. Elle déposa de petits baisers tendres sur les phalanges qui avaient rougi sous l’impact.

« Il est bien dommage d’abimer une si jolie main. »

Elysis ne pouvait pas voir son visage, dissimulé par l’oreiller. Elle trouvait cela dommage. Elle la trouvait si belle, si différente de toutes les personnes qu’elle avait pu rencontrer jusque là. Elle garda son poing dans l’une de ses mains en tentant de le desserrer doucement, sans la maintenir fermement, et avec l’autre main, elle retira doucement l’oreiller. Elle voulait voir son visage, elle voulait redécouvrir encore et encore son visage. Son visage ainsi découvert, elle lui offrit un sourire timide, mais aussi pure qu’elle était elle-même.
Elle eut un frisson, la chair de poulet. La fraicheur de la nuit la saisit. A moins que ce ne soit les agréables et simples moments qui se présentait à elles.
Puis, soudainement, et contre toute attente, elle se coucha sur lit, au plus près d’elle, et se blottit tout contre Jaren, sans lâcher sa main, déposant ta tête contre son torse. Elle se mit à fredonner un air, simple mais dont le rythme s’alliait parfaitement avec la pluie qui tombait toujours à l’extérieur.
La faim la reprenait, mais elle ne voulait garder un contact physique ave elle. Comme si cela devenait de plus en plus vital…
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Jaren Thomas


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MessageSujet: Re: Perdue en pleine ville... {pv Jaren}   Mer 18 Avr - 22:26

Jaren écarta Elysis de son torse, coupant tout contact avec elle. Elle se leva du lit et sans un mot l’attrapa par le sommier et le décala au milieu de la pièce, fasse à la fenêtre. Le temps avait passé plus vite que ce qu'elle n'avait pensé. Face au lit, à travers la fenêtre, on pouvait voir les étoiles qui commençaient à scintiller dans le ciel crépusculaire. Elle balança d'un mouvement de jambe ses chaussures à l'autre bout de la pièce puis se glissa à nouveau dans le lit. Sur le dos, la tête penchée en arrière, elle regardait le ciel à travers la fenêtre. Il pleuvait par intermittence, comme les vagues de l'océan qui viennent s'écraser sur la cote. De temps en temps, le ciel se calmait, puis l'eau retombait de plus belle. Entre deux chutes on pouvait parfois entre voir quelques brides de ciel, entre deux nuages.
La pirate attrapa la jeune femme qui se trouvait à côté d'elle par les hanches et la fit se glisser au dessus d'elle. Leurs corps parfaitement superposés semblaient se compléter. Plus petite, la tête d'Elysis se trouvait un peu au dessus de la poitrine de Jaren. Cette dernière porta à présent son attention sur la jeune indienne, glissant une main dans ses cheveux, puis le long de sa joue, s'arrêtant sous son menton. Elle aurait voulu l'emmener avec elle au fin fond de la nuit, mais quelque chose l'en empêchait. Une sorte de respect pour cette personne qui partageait son lit qu'elle n'avait jamais connu. Elle se disait que demain tout serait fini. Elles avaient la nuit pour elle, et après chacune reprendrait sa vie comme si de rien n'était. Il y avait quelque chose d'irréel. Était-ce un rêve...

Se réveiller alors... Ou pas.

Elle ouvrit la bouche comme pour dire quelque chose, mais se ravisa à la dernière minute. Plutôt se taire. Rien à dire. Rien à faire.

Elle posa ses mains sur les épaules d'Elysis et parcourut son dos doucement. Arrivé en bas du tissus, elle glissa ses mains en dessous du tissus, et s'y figea. Elle sentait sous ses doigts une irrégularité dans la peau, comme un dessin en relief, elle n'aurait su dire quoi. Le contact avait quelque chose de doux et rassurant. Sa respiration s'accéléra. Elle la voulait...

Et puis merde !

Elle serra ses mains autour de ses hanches puis la ramena vers elle, effaçant les quelques centimètres qui séparaient leur deux visages. Elle ferma les yeux alors qu'elle s'empara à nouveau de ses lèvres. Oui elle la voulait, et soit elle la voulait aussi, soit elle allait s'enfuir en courant. Qu'est-ce que cela changeait finalement ? Demain, elle ne serait plus là dans tous les cas. Elle faisait parti d'un autre monde que le sien, et si elle s'offrait à elle ne serait-ce que cette nuit, alors au moins il n'y aurait plus de barrière entre leurs mondes pour quelques heures.

Elle roula sur la droite et rapprocha le corps de la jeune fille du sien. Ses lèvres n'avaient toujours pas quitté les siennes. Elle attendait une réaction, un geste, un signe qui lui dise si ce corps à la peau hâlée était à elle, ou si on contraire, les dieux des indes avaient décidé de l'en priver.
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Elysis LaHarwall


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MessageSujet: Re: Perdue en pleine ville... {pv Jaren}   Jeu 19 Avr - 10:51

Alors qu’elle était confortablement blottie contre son torse qu’elle trouvait plutôt confortable, elle la vit s’écarter pour se lever du lit. La petite crut une fuite de sa part, un moment de tendresse qu’elle ne désirait pas. Mais surprise, elle retomba assise sur ses fesses sur le lit alors qu’elle venait de se redresser pour voir ce qu’elle faisait. En effet, elle était en train de tirer le lit pour le positionner sous la fenêtre. Elle ne comprenait pas pourquoi elle faisait cela. Le lit n’était pas si mal placé pourtant. Agenouillée sur le lit, elle regarda tout comme elle les étoiles à travers la fenêtre. Chaussures débarrassée, elle ne fit aucun mouvement quand elle revint sur le lit pour s’y allonger sur le dos. Elle ignorait si elle lui permettrait de se blottir à nouveau tout contre elle.
Mais elle ne lui donna pas le temps à s’en interroger. L’attrapant par les hanches, elle se retrouva au dessus d’elle. Elle trouva cela amusant, tant bien qu’elle émit un petit rire d’amusement. Elle était en contact parfait avec elle, sentant sous elle les mouvements de sa respiration et son souffle sur son visage. Elle ferma un instant les yeux pour sentir ses différentes caresses. Dans ses cheveux fins et raides. Le long de sa joue. Quand le mouvement s’arrêta à son menton et que plus rien ne reprit, elle ouvrit les yeux et vit qu’elle voulait dire quelque chose, mais qu’elle se ravisa presque aussitôt. Elle se demandait ce qu’elle voulait dire. Mais elle ne le saurait sans doute jamais. Ou plus tard.
L’amusement était passé. Son cœur battait d’une allure folle. Un mélange de peur et d’envie. De peur et d’envie. Les mains de la Pirate descendaient le long de son dos, lui procurant de troublants frissons. Elle sentit qu’elle parcourait sa cicatrice avant de serrer ses étreintes pour s’emparer une deuxième fois de ses lèvres. Le baiser était plus fougueux, plus passionné. La tendresse n’était plus là. Elle répondait pourtant à ce baiser et ne semblait plus vouloir lâcher ses lèvres, ni l’une, ni l’autre. Elle se laissa rouler sur le coté. Son cœur était en ébullition. Peur et envie.

Mais la peur prit la place sur l’envie. Elle revit soudainement le regard froid de la fille de l’aubergiste. Elle se rappela des mots de Jaren à son égare. Les gouttes de pluie tapèrent violemment contre la vitre, comme si elle s’était transformée en grêlon, ce qui n’était pas le cas. Elles vinrent à taper si fort que la vitre se mit à vibrer, sans que le tonnerre ne grondait cette fois. Ce regard ne lâchait pas ses pensées. Ses propos sonnaient en écho dans sa tête. Une migraine horrible l’envahit. Elle n’était rien et elle allait être oubliée dès le lendemain. Elysis ne se jouerait pas d’elle. Jamais. Elle n’était pas de ses gens là. Mais elle alors ? elle alors ? Elle n’était certaine de rien à son sujet. Une autre proie. Une autre aventure. Parmi tant d’autres. Parmi tant d’autres.
L’un des carreaux céda et la pluie s’engouffra rapidement comme si elle voulait atteindre un but bien précis. Sa gorge se noua et elle quitta ses lèvres dans un mouvement de recul. La pluie s’abattit immédiatement sur Jaren, uniquement sur Jaren. La petite se leva, presque à en tomber du lit. Les larmes plein les yeux. L’effroi plein la gorge. Elle avait désiré ses lèvres. Mais elle ne voulait pas être traitée ainsi. Elle voulait être certaine. Elle voulait en être assurée. Mais vu ce qu’elle avait pu voir d’elle, elle n’était pas ce qu’elle attendait. Pourtant, c’était Jaren qu’elle voulait, et uniquement de Jaren.


« Je ne veux pas être pour toi ce qu’est la jolie rousse… Je ne veux pas être pour toi ce qu’est la jolie rousse… Je ne veux pas être… »

Elysis n’eut pas la force de tenir sur ses jambes. Dès qu’elle descendit du lit, elle tomba sur le parquet froid et se traina jusqu’à l’angle du mur le plus proche. Blottie ainsi dans un coin de la chambre, ses genoux ramenée contre sa poitrine, le visage reposant dans ses mains, elle sanglotait. Non pas comme une enfant, mais comme une femme amoureuse, apeurée et désespérée du jour prochain...
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Perdue en pleine ville... {pv Jaren}

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