23 ans après l'Apocalypse, la Noblesse est réinstaurée, les Scientistes imposent lentement leur suprématie. Tout ça n'est qu'une façade, venez découvrir la face cachée d'Andori, l'Europe ravagée par l'Apocalypse...
 
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 Perdue en pleine ville... {pv Jaren}

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Elysis LaHarwall


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MessageSujet: Re: Perdue en pleine ville... {pv Jaren}   Jeu 19 Avr - 10:51

Alors qu’elle était confortablement blottie contre son torse qu’elle trouvait plutôt confortable, elle la vit s’écarter pour se lever du lit. La petite crut une fuite de sa part, un moment de tendresse qu’elle ne désirait pas. Mais surprise, elle retomba assise sur ses fesses sur le lit alors qu’elle venait de se redresser pour voir ce qu’elle faisait. En effet, elle était en train de tirer le lit pour le positionner sous la fenêtre. Elle ne comprenait pas pourquoi elle faisait cela. Le lit n’était pas si mal placé pourtant. Agenouillée sur le lit, elle regarda tout comme elle les étoiles à travers la fenêtre. Chaussures débarrassée, elle ne fit aucun mouvement quand elle revint sur le lit pour s’y allonger sur le dos. Elle ignorait si elle lui permettrait de se blottir à nouveau tout contre elle.
Mais elle ne lui donna pas le temps à s’en interroger. L’attrapant par les hanches, elle se retrouva au dessus d’elle. Elle trouva cela amusant, tant bien qu’elle émit un petit rire d’amusement. Elle était en contact parfait avec elle, sentant sous elle les mouvements de sa respiration et son souffle sur son visage. Elle ferma un instant les yeux pour sentir ses différentes caresses. Dans ses cheveux fins et raides. Le long de sa joue. Quand le mouvement s’arrêta à son menton et que plus rien ne reprit, elle ouvrit les yeux et vit qu’elle voulait dire quelque chose, mais qu’elle se ravisa presque aussitôt. Elle se demandait ce qu’elle voulait dire. Mais elle ne le saurait sans doute jamais. Ou plus tard.
L’amusement était passé. Son cœur battait d’une allure folle. Un mélange de peur et d’envie. De peur et d’envie. Les mains de la Pirate descendaient le long de son dos, lui procurant de troublants frissons. Elle sentit qu’elle parcourait sa cicatrice avant de serrer ses étreintes pour s’emparer une deuxième fois de ses lèvres. Le baiser était plus fougueux, plus passionné. La tendresse n’était plus là. Elle répondait pourtant à ce baiser et ne semblait plus vouloir lâcher ses lèvres, ni l’une, ni l’autre. Elle se laissa rouler sur le coté. Son cœur était en ébullition. Peur et envie.

Mais la peur prit la place sur l’envie. Elle revit soudainement le regard froid de la fille de l’aubergiste. Elle se rappela des mots de Jaren à son égare. Les gouttes de pluie tapèrent violemment contre la vitre, comme si elle s’était transformée en grêlon, ce qui n’était pas le cas. Elles vinrent à taper si fort que la vitre se mit à vibrer, sans que le tonnerre ne grondait cette fois. Ce regard ne lâchait pas ses pensées. Ses propos sonnaient en écho dans sa tête. Une migraine horrible l’envahit. Elle n’était rien et elle allait être oubliée dès le lendemain. Elysis ne se jouerait pas d’elle. Jamais. Elle n’était pas de ses gens là. Mais elle alors ? elle alors ? Elle n’était certaine de rien à son sujet. Une autre proie. Une autre aventure. Parmi tant d’autres. Parmi tant d’autres.
L’un des carreaux céda et la pluie s’engouffra rapidement comme si elle voulait atteindre un but bien précis. Sa gorge se noua et elle quitta ses lèvres dans un mouvement de recul. La pluie s’abattit immédiatement sur Jaren, uniquement sur Jaren. La petite se leva, presque à en tomber du lit. Les larmes plein les yeux. L’effroi plein la gorge. Elle avait désiré ses lèvres. Mais elle ne voulait pas être traitée ainsi. Elle voulait être certaine. Elle voulait en être assurée. Mais vu ce qu’elle avait pu voir d’elle, elle n’était pas ce qu’elle attendait. Pourtant, c’était Jaren qu’elle voulait, et uniquement de Jaren.


« Je ne veux pas être pour toi ce qu’est la jolie rousse… Je ne veux pas être pour toi ce qu’est la jolie rousse… Je ne veux pas être… »

Elysis n’eut pas la force de tenir sur ses jambes. Dès qu’elle descendit du lit, elle tomba sur le parquet froid et se traina jusqu’à l’angle du mur le plus proche. Blottie ainsi dans un coin de la chambre, ses genoux ramenée contre sa poitrine, le visage reposant dans ses mains, elle sanglotait. Non pas comme une enfant, mais comme une femme amoureuse, apeurée et désespérée du jour prochain...
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Jaren Thomas


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MessageSujet: Re: Perdue en pleine ville... {pv Jaren}   Jeu 19 Avr - 20:46

Jaren n'avait même pas fait attention à l'eau qui tapait de plus en plus fort contre la vitre, elle s'en foutait royalement de ce qui pouvait bien se passer autour d'elles, dehors ou dans cette auberge. Elle la voulait juste elle. Mais elle s'éloigna et d'un coup, Jaren sentit de l'eau s'abattre violemment sur elle. Appuyé sur ses avants bras, tête baissée, elle ne bougea pas. Un léger sourire se dessinait sur ses lèvres. Alors c'était comme ça... Elle aurait pu lui faire un beau discours où elle usait de toute la ruse perverse qui lui était donnée pour lui faire croire tout ce qu'elle désirait croire... Mais à quoi bon. Elle la prenait pour ce qu'elle n'était pas. Finalement, elle avait en tête le stéréotype du pirate qui s'en irait sans chercher plus que ce qu'un corps veut bien lui offrir. À force de rentrer quelque chose dans la tête de quelqu'un, il finissait par y croire de lui même, et à avoir ce comportement.

Elysis était partie se réfugier dans un coin de la pièce, elle pleurait. Jaren se leva, attrapa un de ses t-shirts, ouvrit la fenêtre puis étendit le tissu de manière à ce que ni l'air ni l'eau ne puissent encore passer. Elle se baissa, ramassa un des bouts de verre qui se trouvait par terre, et se surprit à penser que ça allait encore lui coûter un max de rembourser ça... En plus, elle était trempée jusqu'aux os.


« 'vais aller voir l'aubergiste pour qu'ils préviennent tes parents que tu es ici et qu'ils viennent te chercher demain. Reste ici en attendant, ça vaut mieux pour toi. Ne cherche plus à me voir ou à me parler, plus jamais. »

Peut-être qu'elle avait raison finalement. Qu'il était impossible pour quelqu'un comme elle de respecter une personne dans son intégralité, encore moins dans l'amour. Peut-être était-ce même pour ça que Marina était partie... elle était faible. Elle cachait son jeu derrière une puissance physique et une froideur troublante, mais elle n'était sentimentalement pas plus avancée qu'une enfant de quelques années. Et les dieux savent comme il va vite à blesser une âme neuve, et comme il est dur et long de l'en réparer. Ses pères -ou plutôt son père et son oncle, mais il lui était toujours impossible de différencier l'un de l'autre- sa mère, marina, puis elle... Elle n'en pouvait plus de se laisser piétiner. C'est pour ça qu'elle était partie. Pour ça qu'elle allait partir encore.

« Tu es comme les autres... tu as le même avis que tes semblables sur ceux de mon espèce... envers moi... tu l'exprimes autrement, voilà tout. Effraie toi. Outre toi. Pleure s'il te faut autant de théâtre pour vivre. Mais ne vas jamais dire que tu es pour moi ce qu'est Ana, car sache que si cela était le cas, je t'aurais laissée crever dans cette ruelle. »

Elle reposa le morceau de verre par terre, se leva, cala ses cheveux en arrière. Ils n'eurent aucun mal à tenir vu la tonne d'eau qui se trouvait sur elle. Puis sans un mot, sans un regard, elle attrapa la clef qui se trouvait sur la petite table de bois. La serrure grinça dangereusement quand elle y introduit la clef. Il ne lui restait plus beaucoup à vivre. Elle reposa la clef sur la table et disparut comme un fantôme. En cet instant on aurait pu croire qu'elle n'avait jamais existé.

Imprévisible et impénétrable. Oui, décidément, Jaren Thomas n'était à personne d'autre que l'Océan. Elle voulait être à personne.

Elle aurait pu aller dans la chambre d'Ana. Et sans aucun doute, c'était ce que la jeune indienne devait s'imaginer. Cette pensée la réconforta dans sa décision, alors qu'elle se dirigeait vers l'entrée de l'auberge. Elle avait dans sa poche quelques bonnes herbes d'Arrogance, les meilleurs de ce monde disait-on. Comme pour tout ce qui provenait d'Arrogance au final...
Au fur et à mesure qu'elle avançait sur le tapis poussiéreux, les traces d'eaux qui la suivaient se faisaient de moins en moins voyantes. Peu avant le hall, au niveau des premières chambres, elles étaient indécelables.

Elle passa la porte, fit quelques mètres et s'assit sur une vieille caisse, sous la flotte. Elle sortit les herbes de sa poche et s'en roula une comme on dit vulgairement. La petite braise au bout de la cigarette craignait à chaque instant de s'éteindre. Jaren leva les yeux au ciel, elle ne le trouvait jamais aussi beau que quand il pleuvait...
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Elysis LaHarwall


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MessageSujet: Re: Perdue en pleine ville... {pv Jaren}   Sam 21 Avr - 19:27

Il y avait une chose dans cet univers et au delà, plus fort que tout les éléments rassemblés. Il y avait une chose sur cette terre plus grande que tous les pays au monde réuni. Il y avait dans leur monde une chose plus incompréhensible que les esprits au même. Il y avait en chacun une chose plus imprévisible que les états. Il y avait tout, il y avait rien. L’amour. Vide à la fois plein, un plein à la fois vide, on ne se trouvait jamais suffisamment comblé, on ne se trouvait jamais totalement compris. Il s’agissait du seul sentiment que l’on ne pouvait contrôler, du seul qui arrivait sans crier gare et qui ne vous quitterait plus jamais. Plus que la colère, la douleur, la triste, la joie. Plus profond que l’infini, l’espace, le temps. Plus vrai, plus sincère, plus éprouvant. On le ressentait mais on ne parvenait pas réellement à l’exprimer. Chaque mot, chaque geste semblait trop fade. Chaque son, chaque pensée semblait trop doux. On le ressentait mais on ne savait jamais comment l’exprimer au mieux.
Amoureuse. Elysis était amoureuse. Alors pourquoi avait-elle aussi mal ? Alors pourquoi se sentait-elle aussi malheureuse ? Elle tremblait, pleurée. Elle avait d’hurler comme de disparaitre. Faible, elle se sentait trop faible. Lâche et perdue. Voila ce qu’elle ressentait à ce moment là. Elle était en colère envers elle-même mais aussi envie la jeune femme. Elle n’avait pas su se faire comprendre et elle ne l’avait pas compris. Elle n’était en rien comme les autres. Unique, fragile et surtout si pure encore. Elle n’avait jamais connu cela et elle avait peur de tout. Peur d’être trompée, peur de se tromper. Peur de mal faire, peur d’avoir mal. Peur de l’amour lui-même. Peur.

La pluie tapait toujours contre les carreaux et fit ouvrir la fenêtre chassant l’un des tshirt de la jeune Pirate à l’intérieur de la chambre. Chaque fenêtre de l’auberge s’ouvrit à leur tour, laissant la pluie s’engouffrer dans le bâtiment. Plus Elysis pleurer, plus l’eau prenait place dans le lieu. L’aubergiste et les quelques personnes logeant dans les chambres de l’auberge tentèrent bien de refermer les fenêtres. Mais la force et l’intensité de la pluie les empêchèrent toutes actions. Si bien qu’à bout de souffle ils laissèrent tomber. L’eau commença par former de petites flaques sur le sol. Puis de plus grosse. Jusqu’à recouvrir tout le sol d’une fine pellicule d’eau. Si cela continuait, ils aillaient être inondés.
Se fut quand l’eau, glacée, saisissait ses pieds qu’elle releva la tête. Les yeux rougis, le visage défait, les cheveux décoiffés, elle regarda stupéfaite l’état de la chambre. Les meubles étaient entièrement mouillés, le sol était recouvert d’eau. Prise de panique, la phobie de l’eau la saisissant, elle tenta de se lever et trébucha pour tomber en arrière. Alors qu’elle pensait se retrouver sur le dos dans les quelques millimètres d’eau déjà présent, elle se retrouva sur un sol sec. Sa surprise fut encore plus grand quand tournant la tête sur le coté, elle se rendit compte que l’eau avait reculé.

Reculé ?

Elle roula sur le coté pour se mettre ensuite à genou et elle vit que, alors que dans son esprit elle se répétait qu’elle ne voulait pas être touchée par cette eau, que celle-ci recula. Elle avança la main comme pour la faire reculer, et elle recula alors qu’elle se répétait toujours les mêmes mots. Mais quand au contraire, elle voulut la faire revenir, toute l’eau, absolument toute l’eau l’aspergea. L’aspergea au point de la faire chuter en arrière et la faire retomber sur le dos, à présent trempée. Elle rêvait. Toute cette soirée était un rêve. Sa rencontre si parfaite avec Jaren, cette eau qu’elle… qu’elle… qu’elle quoi au juste ? Contrôler ? Non ! Non ! C’était impossible ! On ne contrôlait pas l’eau. C’était ignoble d’avoir des pouvoirs ! Ignoble ! Si son père l’apprenait. Non, elle n’avait pas de pouvoir, elle rêvait. Elle rêvait ! Ce ne pouvait être que cela.

La pluie tombait toujours à l’extérieur, mais n’entrait plus dans la chambre. Elle se leva et entendit enfin les voix paniquées des autres personnes de l’auberge qui venait enfin de fermer les fenêtres. La pièce avait retrouvé ses quelques millimètres d’eau sur le sol. Elle ne chercha pas à l’en débarrasser. Son esprit était à présent ailleurs. Préoccupait par bien d’autres choses. Trop de choses.
Elle était paniquée. Totalement paniquée. Etait-ce cela qui avait causé les nombreuses disputes entre ses parents ? Cela que sa mère voulait la protéger et lui rappeler que sa présence était un don de la Déesse. Un don de la Déesse ? Etait-ce cela ce don ? Cette malédiction qui, si au château cela se savait, elle serait chassée, torturée, humiliée.
Les nobles n’aimaient pas vraiment les Marqués, comme ils les appelaient. Ils n’étaient pas non plus très proches de la grande Amanda. Ils ne la détestaient pas pour autant. Mais ils préféraient ne pas s’en intéressée plus que cela.

Elysis se releva totalement et parcourut la pièce. Elle en sortit sans faire attention au fait que ses pieds étaient nues, qu’ils n’entraient jamais en contact de l’eau qui semblait lui frayer un chemin. Des personnes parlaient agacées dans le couloir. Elle les bouscula quelque peu quand elle passa près d’eux. Comme si elle ne les avait pas vu, elle ne s’excusa pas et n’entendit pas les grognements qu’ils firent à son encontre. Elle descendit les escaliers précipitamment, manqua de percuter une des chaises de la salle à manger qui faisait aussi office d’entrée. C’était une auberge, pas un hôtel.
Elle s’arrêta face à la porte d’entrée ainsi fermée. Les deux mains sur la poignée, elle eut cet instant d’arrêt. Elle s’apprêtait à sortir des lieux. Oui mais pour aller où ? Y aller, s’était tout. Elle se préoccuperait que plus tard où il s’agirait. Elle se moquait des brigands qui pouvait l’attraper. Qu’ils l’attrapent après tout. Elle voulait juste disparaitre.

La jeune LaHarwall ouvrit enfin la porte et regarda droit devant elle. Les quelques lumières n’éclairaient ni les coins ni les ruelles face à elle. Il y faisait sombre. Une obscurité à la fois saisissante qu’effrayante. Elle avança un pas, puis l’autre et encore un autre. Marchant lentement, comme si elle prenait la peine de sentir chaque pavé froid sous son pied nu. Chaque pavé qui se desséchait pour lui laisser un passage sec et sécurisant. La pluie tombait toujours, mais elle ne tombait pas sur elle. Comme si elle était entourée d’un bouclier, d’un halo sécurisant. Elle ne le contrôlait pas réellement. Elle pensait jusque au fait qu’elle ne voulait pas être mouillée, qu’elle ne devait pas entrer en contact de cette eau qui l’avait toujours fait peur. Comme le fait de marcher, de lever la main, de cligner des yeux. On n’y pensait pas réellement, on marchait voila tout. Il en était de même pour elle à ce moment.

La nuit l’envelopperait d’ici quelques pas. Elle serait loin, loin de tout cela. La peur était toujours là. Elle voulait se réveiller. Redevenir cette petite idiote et naïve, innocente et pure dont tout le monde se moquait et que personne ne voulait. Elle n’était personne, alors pourquoi chercher à devenir quelqu’un. Même pour les yeux de celle qu’on aimait. Celle qu’elle aimait, mais qu’elle pensait ne pas avoir son amour. Comment on pouvait l’aimer elle ? Elle qui paniquait pour un baiser. Elle qui paniquait pour une étreinte. Elle qui ne savait pas, ne savait rien, mais qui voulait… qui voulait si fort... et qui désirait simplement aimer…
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Jaren Thomas


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MessageSujet: Re: Perdue en pleine ville... {pv Jaren}   Dim 22 Avr - 14:43

Il pleuvait. De plus en plus fort. Comme de manière exagérée. Ce n'était pas naturel, quelque chose au fond de Jaren le lui criait. Elle ne croyait pas aux dieux, son esprit était plutôt scientifique, certes. Mais quelqu'un connaissait-il une science capable de dire pourquoi il venait au cours des dernières minutes de s'écouler autant d'eau qu'il y en avait dans les océans ? hum... Oui, décidément, il y avait de ces phénomènes que même la science -surtout la science ?- ne pouvait véritablement expliquer. Les hasards génétiques, la présence de l'esprit humain, cette rage folle que n'importe quelle espèce -animale ou végétale- rencontre quand il doit survivre, cet instinct de reproduction, la couleur du ciel et celle de toutes les autres choses, pourquoi tel nom sur tel objet. Parfois on trouvait une explication au comment, mais jamais au pourquoi. Le hasard restait le plus grand obstacle de l'homme à la connaissance du monde. Le dernier obstacle peut être, mais le seul que jamais personne ne pourra dépasser.
Jaren était toujours assise sur sa caisse. Trempée. Elle n'avait pas envie de rentrer. Plus jamais. Demain matin, elle irait au port et intégrerai le premier bateau qui voudrait bien d'elle. Partir le plus loin possible de ce monde qui n'était pas le sien lui semblait la chose la plus raisonnable à faire. Elle ne comptait plus le nombre de pensées nuisibles qui lui traversaient l'esprit depuis qu'elle avait mis les pieds sur ce territoire. Elle pensait à son père. Enfin son oncle. Bref, l'homme à qui appartenait le collier qu'elle avait autour du coup. Y avait-il quelque part une tombe, une pierre, quelque chose qui rappelle son existence... Il était mort durant la guerre, en soldat, croyait-on. Quelle plus belle mort que de servir son pays en temps de guerre ? Simplement mourir dans son lit en temps de paix.
Jaren se mit à taper du pied par terre, en rythme, accompagnant le tout d'un sifflement. Elle se leva, la pluie lui tapait dans le cou à lui en faire mal. Ses vêtements pesaient plusieurs kilos sur son corps, la forçant à ralentir ses mouvements et compliquant sa respiration. Elle se mit à marcher, s'éloignant dans l'ombre, son sifflement laissant place à une chanson.


Je voudrai partir... jusqu'à la mer... Allongée sur le sable... prendre un peu l'air... sentir les embruns... rester encore... rester jusqu'à s'en saler le corps...
On serait juste toi et moi... près d'ici, ou là bas... sans règle, dignes et sans foi... quand tu veux on y va... Toutes les couleurs du ciel... un plein de bouteilles... du Rhum... du vin... du miel...


Sa voix, ni grave ni aiguë, contenait comme une note brisée, un timbre éraillé qui reflétait sans aucun doute l'âme de sa propriétaire.
Tout en marchant elle regardait le ciel. Il était effrayant et lui rappelait celui qui surplombait la mer les nuits de tempête. Quelles forces se déchainaient donc au dessus d'elle... Elle n'arrêtait pas de se poser la question. Peut-être était-elle dans sa période de spiritisme. Une sorte d'appel de l'âme vers l'immortalité.


Quand tu veux on y va...

Elle irait seule, elle le savait depuis longtemps.
Cette chanson, c'était celle que lui chantait Marc quand ils se retrouvaient tous les deux à regarder l'océan. Véritable moment entre père et fille, c'était rare et beau. Il n'avait jamais eu d'autre amour que la mère de Jaren, à l'exception faite de sa fille, peut-être.
Elle soupira. Quelle situation de merde, encore. La pluie ne cessait pas. Doucement, elle se laissa tomber au sol, là, au milieu de la ruelle, le cul dans une flaque d'eau. D'un souffle court, elle tenta de se faire s'élever les mèches qui tombaient devant son visage. Elles volèrent de quelques millimètres, et retombèrent bien plus vite en s'écrasant un peu plus sur son visage. un nouveau soupir. Elle reprit la chanson.


Cachées par les dunes entre terre et mer... voler un peu de paix... des refrains à la mer... bien sûr tu serais là, moi blottis contre toi... je te raconterai ce rêve...

Elle laissa son dos tomber en arrière, s'étendre sur le sol entièrement. elle avait mal, aux bras, aux dos, aux jambes, au cœur... Une sorte de picotement étrange dans la poitrine.

Sans règle, dignes et sans foi... quand tu veux on y va...

Elle se redressa subitement. Un bruit quelque part... ou peut-être son imagination... qui sait. Elle n'avait plus l'esprit à de telles considérations. Tout à partir du moment où elle avait franchi la porte de l'auberge était devenu mensonge, tromperie. Comme si son monde s'était évanoui. Mais elle n'avait plus la force de se battre. Une petite voix à la frontière de sa confiance, lui disait que quelque chose l'attendait, ailleurs, plus loin, une autre vie... ou un autre monde...
Elle replia les jambes, mit sa tête dans ses mains et se replia sur elle-même...
Quelques secondes passèrent, de longues secondes... Elle se releva et reprit sa marche. Elle trouverait peut être le port de nuit. De toute façon, elle avait besoin de marcher.


Sans règle, dignes et sans foi...
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Elysis LaHarwall


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MessageSujet: Re: Perdue en pleine ville... {pv Jaren}   Dim 22 Avr - 19:55

La nuit venait de l’envelopper. L’obscurité l’avait recouvert de son long manteau. Elysis avait envie de se perdre, elle avait envie de disparaitre. Elle ne voulait plus penser, ne plus réfléchir, ne plus ressentir. Mais soudain, un son, une voix la fit s’arrêter. Elle ne pouvait pas oublier cette voix, sa voix. Son cœur battait jusque dans sa gorge. Elle se demandait si les dieux étaient avec elle. Si la grande Déesse avait guidé ses pas. Inspirer. Expirer. Se ressaisir. Ecouter. Après un silence, elle l’entendit à nouveau, un peu plus près encore. Elle n’osait pas se retourner. Et si jamais ce n’était pas pour elle ?
La voix se rapprochait toujours, un peu au hasard. C’était un chant. Puis elle l’entendit chuter. Elle se retourna. Jaren ne la voyait pas, allonger sur le dos sur les pavés glacés par la pluie. Elle ruisselait. Un pas. Puis un autre. Et encore un autre. S’arrêter. Ecouter. Les paroles la percutèrent. Etait-ce un appel ? Une demande ? Un souhait ? Elle savait à quel point le chant avait un pouvoir. Séduction, colère, désir, prière. Il y avait dans chaque parole un sens bien distinct. Celui-ci était clair. Mais le comprendrait-t-elle ?


« Quand tu veux on ira… »

Et elle voulait aller là où elle ira, qu’importe où est-ce que cela sera.
Jaren s’était levée et elle pouvait parfaitement entendre ce que la petite venait de lui fredonner en réponse à ses propres paroles, reprenant ses propres paroles. Inspirer. Expirer. Elle sortit de l’ombre, à l’appris de cette pluie. Bien étrangement à l’abri. Elle chassait toute l’eau qui pouvait l’atteindre. Sans rayonnement de lumière, sans bouclier. On ne pouvait constater cela que si on était proche d’elle, parfaitement à coté d’elle. Elle passa une main dans ses cheveux, visiblement confuse, gênée, perdue. Elle descendit sa main jusqu’à sa nuque et la massa nerveusement tout en prononçant ses paroles qui n’avaient plus l’air d’une musique.


« Je suis désolée. Je n’ai pas pu faire ce que tu me demandais. Je ne peux pas m’empêcher de te regarder quand je te vois. Je ne peux pas m’empêcher de te parler quand tu es près de moi. Je ne suis pas comme les autres. Si cela avait été le cas, t’aurais-tu réellement arrêté sur mon cas ? Je ne te considère pas comme les autres. Ce que je vois, c’est une femme, merveilleuse et énigmatique. Une femme que je veux et que je redoute. Que je veux et qui me déroute. »

La jeune noble releva doucement la tête et retira sa main de sa nuque pour la faire glisser le long de son bras et croiser ainsi les bras sous sa poitrine dans une position d’auto protection se caressant ainsi d’une main son bras. Elle aurait préféré que cela soit ses propres bras qui l’enveloppaient. Mais elles ne s’étaient pas comprises. Il y avait eu confusion. Il fallait rectifier cela. Il fallait rétablir les choses dans leur vérité et non plus dans leurs interprétations.

« Tout cela est nouveau pour moi. Personne avant toi ne m’avait serré dans ses bras. Personne n’avait touché mes lèvres. Je ne sais pas, je ne comprends pas. Je veux découvrir mais je veux apprendre. Je veux du temps mais je veux être à toi maintenant. Mais ce que je sais, c’est que je veux que tout cela soit de toi. Car pour vivre, c’est de toi que je désire… »

Elle espérait qu’elle comprenait ce qu’elle voulait lui dire. Elle ne la rejetait pas. Elle voulait juste prendre le temps de tout saisir. Elle n’avait jamais aimé avant. On ne lui avait pas donné l’opportunité d’aimer sans arrière pensée. Chez les Nobles, on aimait la richesse chez l’autre, les privilèges, l’opportunité. Là elle aimait ce qu’elle était elle. Qu’importait son rang, son sexe, sa provenance. N’était-ce pas cela le plus important ? Elle voulait qu’elle lui apprenne à aimer et agir comme il le fallait. Elle voulait qu’elle lui montre et fasse éclore la fleur qui s’offrait à elle. La fleur qui était et qui ne demandait qu’à naitre sous ses baisers.

« C’est l'esprit en désordre, que mes pensées m'ont donné du fils à retordre. Excuse-moi d'oublier toutes ces choses que j'ai faites. Excuse d’oublier si tes yeux sont verts ou s'ils sont bleus mais en tout cas ce que je sais, c’est que tu as eu pour moi le regard le plus doux que j'ai jamais vu… »

La jeune LaHarwall s’approcha de l’énigmatique Thomas mais s’arrêta à moins d’un mètre d’elle, à porter de bras, à porter de voix.
La pluie avait cessé mais les nuages ne s’étaient pas éloignés. Aucune des deux ne semblaient s’en être aperçues.


« Ceci est mon cadeau, il est pour toi et tu le peux dire à tout le monde que je n’en serais pas dérangée… C'est peut-être très simple… Mais maintenant que j’ai réussi à tout te dire, espérons que ça ne te dérange pas que je dise avec ces mots-là combien la vie est merveilleuse depuis que tu es dans mon monde… »

La jolie métisse franchit les derniers centimètres qui les séparaient. Elle leva la main, l’arrêta à mi parcours comme si elle renonçait à son geste. Elle continuait à la regarder amoureusement. Elle finit par poursuivre son geste jusqu’au bout. Elle glissa ses doigts le long de son front ruisselant, de ses paupières où elle chassa les mèches humides de ses cheveux ruisselants, de sa joue où elle déposa un instant sa main en entier. Elle lui sourit s’avançant doucement mais s’arrêta à un malheureux centimètre de ses lèvres. Elle voulait redécouvrir ses lèvres, encore et encore. A chaque instant, à chaque minute, en tout temps, en tout lieu. Sa main quitta sa joue et glissa le long de son cou, de ses épaules de son bras. Son geste se faisait lent, délicat. Enfin, elle attend sa main et entremela ses doigts dans les siens. Tout le long de ce parcours, leur souffle se mêlait. Il y avait un mélange de tabac dans celui de la Pirate, mais elle n’y faisait plus vraiment attention.

« Laisse moi être à toi. Simplement à toi maintenant et à jamais… »

Elle ne voulait pas rentrer pas maintenant. Il était à présent trop tard pour reculer. Il était à présent trop tard pour oublier. Elle ne voulait pas la laisser, elle n’y arriverait pas, elle ne le pouvait pas. En une après-midi, en une soirée, elle avait pris plus de maturité qu’en un an. Elle était aussi naïve et innocente. Elle était aussi réservée et calme. Elle avait toujours cette fraicheur de la jeunesse. Elle avait toujours la légèreté de l’insouciance. Pourtant, la découverte de ces sentiments l’avait transformé, l’avait élevé. Elle espérait qu’elle ne la laisserait pas à nouveau. Elle espérait qu’elle les ferait retourner à l’auberge, bien au chaud, bien à l’abri, dans ses bras...

Elysis embrassa enfin Jaren, d’un baiser qui se faisait doux, délicat, mais déjà langoureux et enivrant.
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Jaren Thomas


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MessageSujet: Re: Perdue en pleine ville... {pv Jaren}   Mar 1 Mai - 14:11

Quand Elysis s'empara de ses lèvres il y eut d'abord l'émoi, puis un sentiment étrange l'envahit. Subitement. Quelque chose clochait, ne se déroulait pas correctement. Elle se détacha de son emprise et s'écarta, un pas en arrière seulement. La pluie lui brouillait la vue. Les formes se perdaient dans des formes basiques et sans frontières, les couleurs se confondaient et se perdaient les uns dans les autres. Elle tendit sa main et la posa sur la joue d'Elysis, délicatement, et alors elle comprit comme dans un éclair. Elle comprit ce qui n'allait pas...

« Tu n'es pas mouillée... Il pleut à torrent... et tu n'es pas mouillée... »

Elle trembla d'effroi. Quel était donc ce maléfice... sa main s'enleva dans un geste vif et elle recula encore, assez loin d'Elysis pour pouvoir riposter en cas d'attaque ou s'enfuir... Elle n'aimait pas cette solution mais elle se présentait à elle comme l'unique raisonnable. Rien ne lui disait quels autres pouvoirs destructeurs pouvaient être les siens. Qu'était-elle ? Un démon ? Une déesse ? Non. C'était impossible. Jaren savait reconnaître un esprit indomptable quand elle en voyait un. Les dieux n'étaient pas des moutons. Cette enfant si.
Elle frissonna.


« Qu'est-ce que tu es ? »

Et non pas qui es tu...

Doucement, sa main gauche alla se glisser dans sa veste, là où se trouvait son arme. Elle ne savait pas si elle serait d'une grande efficacité face à ça...

Ca quoi...

Une sorte de folie psychédélique la prenait. Son esprit ne pouvait s'empêcher de préparer tous les scénarios, où des forces humaines et des forces inhumaines s'opposaient. Le vainqueur n'était jamais celui qu'elle aurait voulu.
Une peur atroce pouvait se lire dans son regard. C'était bien la première fois qu'elle faisait face à quelque chose qui ne lui semblait pas... naturel. Il pleuvait, l'eau s'étalait sur votre peau, mouillait vos cheveux, alourdissait vos vêtements. C'était chose normale. L'inverse n'était pas envisageable...

Elle dégaina et pointa le lourd calibre vers Elysis.


« Echappes tu aux balles comme tu échappes à la pluie... ? »

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Elysis LaHarwall


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MessageSujet: Re: Perdue en pleine ville... {pv Jaren}   Mar 1 Mai - 15:30

Elysis venait à peine de poser ses lèvres sur celle de Jaren que celle ci se retirait déjà après les avoir à peine gouter à nouveau. Elle ouvrit les yeux et elles se regardèrent avec étonnement. L’une avec l’étonnement de sa découverte et l’autre avec l’étonnement de sa conduite. La pluie avait réellement cessé mais les nuages ne s’étaient toujours pas éloignés. L’air était chargé d’humidité et le sol ruisselait toujours. Comme la peau et les vêtements de la jeune Pirate, contrairement à ceux de la jolie Noble. Les premiers propos qu’elle lui donna n’était pas une question, mais une affirmation, mais elles étaient pourtant lourdes d’interrogation.

« Je n’échappe pas à la pluie. C’est la pluie qui me fuit… Je crois que, que j’échappe à l’eau. Non ! Que je fais en sorte qu’elle m’échappe. »

Au fur et à mesure qu’elle parlait, au fur et à mesure elle comprenait. Ses années de secret de la part de ses parents qui savaient. Qui savaient tout. Mais qui la cachait, qui la protégeait, qui la dissimulait à ce monde et à tout ce qu’elle pouvait faire pour ce monde. Les Marqués. Dès qu’elle avait osé prononcer leur statut, on la punissait. Son père ne les aimait pas, sa mère en était fascinée. Leurs pouvoirs étaient à la fois bénis et proscrit. Cela leur venait de la Déesse. Si elle avait hérité de cela, elle était l’une de ses élus. Elle ne comprenait pas pourquoi le destin s’était arrêté sur elle. Elle ne comprenait plus rien. Cachée, protégée, elle se voulait à présent libre. Libre oui, mais pour faire quoi ?

« Je ne contrôle pas tout ça. Je ne sais même pas si ça se contrôle. Ce matin encore, je pleurais à la simple idée d’entrée dans mon bain. Ce soir, je n’arrive même plus à toucher l’eau... »

Ce matin, cela lui semblait si loin. Comme si elle avait vécu l’histoire d’une autre. C’était elle, mais à la fois une étrangère. Ce don, seul mot approprié qu’elle trouva à cette plaie qu’elle venait de découvrir, lui faisait peur. Elle ne voulait pas l’affronter seule. Elle n’y était pas préparée. L’air frais, la pluie, la nature, les gens, elle ne voulait pas que tout ceci s’efface pour une vie entière recluse dans sa "tour d’ivoire". Le large, l’aventure, son frère. Tout l’appelait à présent. Elle ne savait pas si ces envies étaient réalistes, si elles étaient fondées. Ce qu’elle savait c’était qu’elle ne pouvait pas tranquillement poursuivre la vie qu’elle avait mené jusque là.

« Je ne veux pas de ce cadeau… Je voudrais que ça cesse… Je ne contrôle plus rien… Je voudrais qu’on m’aide… Qu’ai-je fais de mal pour que la Déesse me punisse ainsi… Est-ce l’amour que je te porte qui m’est ainsi puni ? »

Elle releva son regard vers celle qu’elle aimait. Le bras tendu, son arme dans sa main gauche, Jaren la pointait d’un air menaçant sur Elysis. Elle ne chercha pas à fuir. Elle ne chercha pas à l’éviter. Elle avait peur mais à la fois elle était confiante. Qu’importe le geste qu’elle entreprendrait, elle aurait ainsi sa réponse. Si s’était un mauvais rêve, elle ne voulait pas se réveiller à ce moment là. Elle voulait qu’on l’enlève. Elle voulait comprendre. Elle voulait être rassurée de ses bras.
Ses bras le long du corps en signe de résignation, elle ne lutta pas. Sa tenue de noble, tissu riche, sa peau au parfum des huiles essentielles, elle ne ressemblait en rien à une aventurière, à une personne en fuite. On lui avait dit une fois qu’elle était Noble et qu’importait le masque qu’elle porterait, elle en resterait Noble. Elle ne se sentait pas Noble. Pourtant elle était plus à l’aise dans leur univers. Elle ne se considérait pas Noble. Pourtant elle n’avait aucune idée de ce que ça faisait d’être sans argent et de compter le peu que l’on avait comme si il n’y avait pas plus de précieux. Elle était Noble, mais elle n’avait jamais cherché à en être une. Elle l’était car la vie en avait décidé ainsi.


« Je n’échappe pas aux balles. En tout cas, je ne crois pas. On ne m’a jamais tiré dessus. Essaye... Qu’ai-je à y perdre si ce n’est la vie ? »

Si s’était pour vivre ainsi à nouveau cachée, protégée, oublié. Si s’était pour vivre loin d’elle, elle préférait qu’elle teste son arme sur elle. Elle ne savait pas ce que ça faisait d’avoir mal. Elle n’avait jamais connu les coups ni la douleur. Elle n’avait même jamais pensé à la mort. Comme si pour elle, c’était une chose qui n’existait pas. On n’apprenait rien de la vie dans les leçons qu’on lui donnait. Un savoir qui ne servait à rien. Un savoir erroné parfois. Un savoir imposé.
Jaren lui avait demandé qui elle était. Elle avait toujours été franche jusque là. Ce fut pour cela qu’elle choisit de répondre comme elle le lui avait déjà répondu à ce sujet un peu plus tôt. La réponse en serait identique. Et puis, elle ignorait à ce moment là qui elle était vraiment. On l’avait tellement menti qu’elle ne serait pas étonnée qu’on lui dise qu’elle avait été adoptée, ce qui était bien évidemment pas le cas. Vie de mensonge. Elle ne savait plus vraiment où elle en était. Tout ce qu’elle savait, c’était ce qu’elle voulait.


« Je suis Elysis, juste, Elysis… »

Elysis n’était pas forte. Elle ne savait plus ce qu’elle devait faire. Partir, revenir, fuir, retourner, tomber. C’était un mélange de tout ça. La peur qui vous prenez le ventre, retournez vos tripes, arrachez votre cœur, bloquez votre souffle. Elle regardait à présent Jaren sans réellement la voir. Complètement perdue, elle n’était plus certaine de rien. Elle qui n’avait jamais rien contrôlé, elle se voyait doter d’un pouvoir qui la dépassait. Elle avait peur et ne savait pas y faire front. Colère, douleur, tristesse, haine. Elle n’avait pas la force de bouger. Ses jambes la tenaient à peine. Un souffle, et elle fléchirait.
Qui était-elle vraiment ? Elle l’ignorait finalement. Son prénom était sa seule certitude. On avait passé sa vie à lui mentir. Elle ne savait pas ce qu’elle devait croire à présent. Même en elle-même elle n’y croyait plus vraiment…
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Jaren Thomas


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MessageSujet: Re: Perdue en pleine ville... {pv Jaren}   Dim 6 Mai - 10:02

La gamine avait peur. Elle en tremblait. Mais cela ne voulait pas dire pour autant qu'elle ne faisait pas parti de cette race d'immortelles dont on rechigne à bien vouloir croire l'existence. Elle ne l'avait pas vu saigner après tout. Et même encore si cela avait été le cas, cette vieille croyance qui disait que les dieux ne saignaient pas n'avait jamais été avérée. Mais Jaren saignait et elle n'était pas Dieu.
Si elle n'était pas une déesse mais l'une de ses représentantes, alors elle n'en était que plus dangereuse. Car elle possédait le pouvoir des dieux et connaissait les humains.
Ça seule solution était la fuite.
Une certaine affection la retenait, quelque chose de viscéral qu'elle n'aurait pas pu nommer.

Elle savait qu'il lui en couterait de partir, mais si le destin devait les faire se retrouver plus tard, alors elle ne pourrait que s'y plier. Pour l'instant elle avait le choix. Elle avait choisi la peur et le doute, car elle ne la connaissait pas depuis un jour.
Il y avait sur les îles, et principalement sur Arrogance, des Possédés. Des hommes et des femmes plus que respectaient, plus que respectables, car eux aussi présentaient des capacités surnaturelles. Ils ne l'effrayaient pas.
Surnaturelles, mais pas surhumaines. Toute la différence était peut être là.

Elle rengaina adroitement son arme.


Je passe.
Le centre ville, c'est pas là. Tout droit.


D'un simple signe de tête, elle désigna une ruelle qui se trouvait derrière elle. Il n'était pas encore très tard, elle avait sûrement le temps de rentrer chez elle. Surtout qu'elle ne craignait pas l'eau et que par ce torrent même les pires crapules du territoire restaient bien au chaud devant leur cheminée.

Elle la salua d'un signe approbateur et s'éloigna. Elle n'avait plus aucune responsabilité envers elle à présent.

La situation était délicate. Elle ne pouvait pas rester très longtemps ici, mais en même temps, elle n'avait ni bateau ni équipage pour reprendre la mer. Elle allait devoir encore accepter un poste de larbin sur un navire, jusqu'à la prochaine ville où la mer les mènerait.
Là, elle se démerderait pour trouver un équipage...

Une autre solution était de retourner quelque temps sur Arrogance et de tout recommencer à partir de zéros. Encore fallait-il pouvoir y retourner... Ce n'était plus dans ces moyens. Ça ne l'avait jamais été. Le jour où elle était partie, elle savait qu'elle commençait un pèlerinage qui allait durer de longues années.

Elle continua à trainer le reste de la nuit... Ce n'était pas des Adieux après tout, juste un au revoir...
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Elysis LaHarwall


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MessageSujet: Re: Perdue en pleine ville... {pv Jaren}   Lun 7 Mai - 19:37

Revenir en un lieu. S’y retrouver après un instant. Regarder à nouveau ce en quoi on finissait par croire. Y être à nouveau présent et revivre. Se voir vivre. Elysis ne voulait pas croire que ces instants s’arrêtaient, que sa présence la fuyait. Il le fallait. Elle ne l’acceptait pas. Comment pouvait-on croire en une chose qui quelques heures avant n’existait pas ? Comment pouvait-on croire en une chose qu’on n’avait jamais connu, qu’on n’imaginait pas un jour connaitre ? Comment croire en une chose si réelle mais si abstraite à la fois ? Comment ?
Elle ne voulait pas y renoncer. Elle n’y renoncerait pas. Elle ne voulait pas baisser les bras. Elle persisterait. Mais là, la situation lui échappait. Elle n’était pas forte. Elle n’était pas courageuse. Elle était prise au dépourvu. Elle était perdue. Ce don, ce sentiment. Tout lui était si nouveau. Tout lui était si complexe. On lui avait tendu l’occasion et elle n’avait pas su la saisir au bon moment. Elle avait eu peur. Elle trouvait cela trop rapide. Elle voulait comprendre. Elle voulait en être confiante. Mais la voici qui voulait reprendre cette occasion, ce bon moment, mais il était trop tard. Et elle lui échappait déjà. Tel un oiseau pour qui la cage ne se refermerait jamais. Elle était bien présente, mais si inaccessible à la fois.

Jaren venait de rengainer son arme. Ce fut comme un mélange de soulagement et de regret. Elle avait choisi de ne pas laisser son test s’aboutir. Elle avait choisi de ne pas la corrompre, de ne pas l’ébranler. Elle avait choisi de l’épargner. L’épargner de son arme, l’épargner de son cœur. Mais si justement, elle ne voulait pas qu’on l’épargne ? Mais si justement, elle voulait être bousculée ? Elle était ce qu’elle était, mais elle aurait voulu être une autre en cet instant, juste pour un instant. Et ainsi ne pas laisser les choses s’achever.
La Pirate lui désigna d’un simple signe de tête une ruelle juste derrière elle. Elle regardait à peine cette ruelle comme si un brouillard obscurcissait sa vie. Il faisait nuit à cause de la pluie, mais il n’était pas très tard. Pas très tard mais pas non plus tôt. Ou bien trop tard bien que trop tôt. Elle n’avait plus la notion du temps. Elle n’avait plus la notion des instants. Elle ne voyait que maintenant alors que son passé s’éloignait et que son futur l’oppressait.
La jeune Thomas la salua d’un signe approbateur de la tête avant de s’éloigner marquant ainsi la fin de ses responsabilités envers elle. La petite gardait pourtant cette dette pour laquelle elle lui était redevable. Ce n’était pas pour de suite, mais elle était certaine que l’occasion se présenterait. Un pressentiment, une affirmation, mais sans confirmation. Son instinct juste lui disait de la laisser à présent partir pour mieux la retrouver. Partir sans forcement s’en éloigner. Elle ne voulait pas se tromper à son sujet.

Le centre ville, le château, ses appartements, son chez elle. Mais elle n’y sentirait plus jamais comme chez elle. Plus comme avant. Elle venait de se marquer un but. Un but pour un objectif. Les deux s’alliaient parfaitement. Mais l’étape allait en être délicate. La peur pourtant était toujours là et tant d’interrogations restaient toujours aussi présentes, toujours en suspens. La réponse ne lui parviendrait jamais. Cela devait être à elle et à elle seule d’en avoir la réponse. Elle avait eu raison, qui était-elle réellement ?
Elysis la regarda s’éloigner alors que ses yeux s’embrumaient à nouveau. Un revoir, un adieu, elle ne savait plus où tout cela la situait. Ici au ailleurs, il n’y en avait pas de différence.

Elle tomba à genoux, tremblante. De peur, de colère, de tristesse. Elle avait mal. Mal de toute cette peur, de toute cette colère, de toute cette tristesse. Mal de ce qu’elle était, mal de ce qu’elle ressentait, mal de ce qui l’attendait. Elle ne savait pas si elle aurait la force de poursuivre, la force de combattre. Ce qu’elle savait c’était qu’elle donnerait tout, tout pour la revoir. Ne serait-ce un instant. Retrouver ses lèvres, ressentir son contact, percevoir sa voix, s’emplir de son parfum. C’était un pêcher que tout cela, mais quel délice que d’en subir la faute ! La grande Déesse avait leur destin, son destin entre ses mains. Tout était écrit, tout avait été joué d’avance. Elle n’était pas véritablement confiante, mais au moins, elle ne fuyait pas tout cela. Elle l’acceptait. C’était ce qui lui donnait la force de le vouloir encore, et de penser déjà à l’entreprendre.
Dès que ses genoux touchèrent le sol, la pluie, bien que plus fine qu’un peu plus tôt, reprit. Mais cette fois ci, elle ne l’épargna pas, recouvrant ses cheveux sombres et sa peau halé. Elle ne stoppait plus rien. Elle ne contrôlait pas son pouvoir, mais celui-ci restait toujours aussi présent. Elle ne gérait rien. Elle ne gérait plus rien. Mais l’avait-elle vraiment géré ?

Jaren avait déjà disparu de son champ de vision. Vision fantomatique. Cela était plus merveilleux qu’un songe. L’amour n’avait rien d’un songe. La peur était son cauchemars. Un jour, elle serait prête. Un jour, elle sera à elle.
Au revoir. Adieu. A très bientôt surtout...
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